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Une première grève des fonctionnaires depuis 10 ans au Québec

Accès bloqués, échanges parfois musclés, chaînes humaines bien serrées, la deuxième journée de grèves tournantes des employés de la fonction publique québécoise a mobilisé quelque 125 000 syndiqués, notamment dans la Vieille Capitale.

Un texte de Martine Biron

Cela fait près de 10 ans qu'on n'a pas vu les syndiqués de la fonction publique dans la rue. Pour de nombreux fonctionnaires, il s'agit de la première expérience de grève.

Le fossé entre les parties est important.

L'offre salariale du gouvernement sur 5 ans est de 3 %, avec un gel salarial les deux premières années. Les syndicats réclament quant à eux des augmentations de 13,5 % sur 3 ans, soit 4,5 % par année.

Le mouvement de grève, qui durera jusqu'à jeudi, contraste avec l'entente de 2010, obtenue sans décret. Les syndiqués ont alors eu droit à une hausse annuelle de 1,4 % sur 5 ans. Pourtant, ils en réclamaient plus du double.

La négociation de 2005 a été plus costaude. Le gouvernement de Jean Charest avait adopté une loi spéciale qui fixe les conditions de travail des employés de l'État et suspend leur droit de grève.

« En 2005, c'était de bonne foi, témoigne une manifestante rencontrée mardi devant le Complexe G. On était de bonne foi, les services essentiels étaient assurés, puis on a eu quand même un décret. On a été surpris, ça négociait. Il faut s'attendre à tout. »

Lois spéciales

Il faut dire que l'histoire des négociations dans le secteur public est parsemée de lois spéciales. Certaines ont laissé des marques.

En 1999, les infirmières en grève illégale sont forcées de retourner au travail par le gouvernement de Lucien Bouchard. De grosses amendes leur sont imposées.

Et surtout, en 1982, des dizaines de milliers de fonctionnaires sont descendus dans la rue. Le gouvernement de René Lévesque, aux prises avec une crise économique mondiale, impose à ses employés une diminution salariale de près de 20 % pendant trois mois et fixe les conditions des conventions collectives.

Les choses n'en sont pas là pour le moment, puisque les parties négocient toujours. Le président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux, a affirmé aujourd'hui que les négociations progressaient.

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