Retour

Une retraite occupée commence pour Claudette Tardif

Claudette Tardif a tiré le rideau sur sa carrière sénatoriale, jeudi, en partant à la retraite à l'âge de 70 ans. Même si elle entend profiter de sa famille et de ses petits-enfants pendant cette période de repos, l'inaction ne marquera certainement pas la retraite de cette Franco-Albertaine qui veut encore participer au mieux-être de sa communauté, notamment en siégeant au conseil des gouverneurs de l'Université de l'Alberta.

« Je ne suis pas du tout du genre à rester dans ma cuisine pour faire des biscuits », jure la sénatrice nouvellement à la retraite.

Celle qui a cumulé plus de 800 allers-retours entre Edmonton et Ottawa au cours des 13 années qu'elle a passées au Sénat promet de faire encore entendre sa voix, même si celle-ci ne retentira plus à la Chambre haute.

Modernisation de la Loi sur les langues officielles, définition plus inclusive des francophones du pays, assurance que chaque élève en situation minoritaire a un accès équitable à une éducation en français... Ottawa, elle le sent, prête l'oreille aux demandes des communautés francophones en ce moment.

Encore faut-il que cette écoute devienne projets de loi, investissements, garanties inscrites dans la charte des droits et libertés. Claudette Tardif entend y veiller, même au cours de sa retraite.

Elle présidait le comité sénatorial aux langues officielles depuis 2013. Chargé d'élaborer la révision de la Loi sur les langues officielles, celui-ci a proposé diverses recommandations au gouvernement qui changeraient de manière importante l'accès à des services en français dans le pays.

L'accès à l'éducation francophone, une priorité

L'ancienne sénatrice n'a pas eu accès elle-même à une éducation publique en français lorsqu'elle était jeune. C'est grâce à un pensionnat de soeurs privé qu'elle a appris les rouages de la langue, qu'elle a consacré sa vie à défendre.

Quand la Faculté Saint-Jean a offert une éducation postsecondaire en français, Claudette Tardif a commencé à y enseigner. Elle allait même faire la promotion de l'établissement dans les classes francophones qui commençaient à émerger à la suite de l'adoption de la Charte des droits et libertés, en 1982.

La porte-parole des francophones de l'Ouest

C'est à titre de représentante des minorités francophones que l'ancien premier ministre Paul Martin a nommé Claudette Tardif à la Chambre haute, la première Albertaine francophone à atteindre ce poste.

« Il m'a demandé si j'étais prête à servir mon pays », se rappelle-t-elle. « J'ai dit : ''Oui monsieur le premier ministre, ce serait un honneur pour moi de le faire." »

Treize années plus tard, l'ancien premier ministre ne regrette pas cette nomination.

« Je suis fier de l'avoir nommée », affirme-t-il sans détour. « Je suis moi-même Franco-Ontarien, et je sais à quel point avoir quelqu'un qui puisse comprendre les francophones hors Québec est important. Non seulement pour tous ceux qui parlent français, mais aussi pour montrer à tous les Québécois que la langue française est vivante à l'extérieur du Québec. »

Pour Paul Martin, les francophones de l'Ouest ont eu une représentante exemplaire au Sénat sous la gouverne de Claudette Tardif.

« Elle connaissait très bien ses dossiers et elle avait un sens du leadership très important au Sénat », croit-il. « On a besoin de gens comme Claudette. »

Une retraite bien occupée

À sa dernière journée au Sénat, Claudette Tardif a été nommée au conseil des gouverneurs de l'Université de l'Alberta pour un mandat de trois ans.

Elle retourne donc vers l'établissement qui a vu naître son amour maintenant cinquantenaire pour Denis Tardif, l'endroit où sa carrière a aussi fait ses premiers pas.

L'ancien premier ministre Paul Martin, pour sa part, entend profiter de la nouvelle disponibilité de la sénatrice.

« Ma fondation travaille auprès des jeunes Autochtones de l'Alberta dans le domaine de l'éducation. J'ai certainement l'intention d'aller la voir pour lui demander des conseils. Peut-être même pour l'impliquer... »

Plus d'articles