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Université franco-ontarienne : qu'en est-il des coûts?

Certaines voix s'élèvent pour critiquer le modèle d'affaires avancé plus tôt cette semaine par le Conseil de planification de l'Université de langue française.

Un texte de Philippe de Montigny et Natacha Lavigne

Le comité propose un investissement de 83,5 millions de dollars sur sept ans, partagé entre la province et le gouvernement fédéral. Est-ce trop cher compte tenu du nombre d’étudiants attendus?

Jacob Leroux est étudiant franco-ontarien dans le programme de production télévisuelle à la Cité collégiale à Ottawa. Dans une vidéo publiée sur sa populaire chaîne YouTube, il partage ses inquiétudes quant aux fonds publics demandés pour une nouvelle université qui, selon lui, desservirait relativement peu d’étudiants.

Il mentionne que le Conseil de planification prévoit une première cohorte de quelque 350 étudiants pour la rentrée de 2020. Ce nombre augmenterait à environ 2000 après huit ans, selon le rapport.

Plutôt que de voir la création d’un nouvel établissement postsecondaire francophone, l’étudiant aurait préféré un investissement dans des universités déjà existantes.

C’est un point de vue partagé au sein de la communauté : bon nombre d’internautes ont exprimé leur mécontentement sur les réseaux sociaux. Pour sa part, l’Association des étudiantes et étudiants francophones de l’Université Laurentienne rejette carrément l’idée de créer une nouvelle université, alors que certains programmes d’études en français ont déjà été éliminés de leur établissement.

Le Conseil de planification rectifie le tir

La présidente du Conseil de planification, Dyane Adam, répond que le financement nécessaire de 83,5 millions de dollars (soit 71,5 millions en fonds de démarrage répartis sur sept ans et 12 millions pour l’aménagement de l’édifice) suit les normes et qu’il n’y a pas « d’écart énorme par rapport à d’autres universités » de la province.

Elle explique qu’une multitude d’étapes doivent être franchies avant même l’ouverture de l’université, dont le dépôt du projet de loi, les négociations entourant l’emplacement de l’établissement et son aménagement, ainsi que la mise sur pied d’une équipe qui veillerait à l’embauche du corps professoral.

Le Conseil propose un budget de fonctionnement de 18,5 millions de dollars pour les deux premières années pour la mise sur pied du nouvel établissement, qui pourrait augmenter progressivement à 40 millions, après une dizaine d’années d’existence.

Une fois l’université arrivée à maturité, avec près de 2000 étudiants, ce budget correspondrait à environ 20 000 $ par étudiant, ce qui est « normal pour les petites universités canadiennes », selon Alex Usher, président du volet éducation supérieure chez l’Institut C.D Howe.

La présidente se dit d’ailleurs confiante qu’Ottawa fournira la moitié des fonds de démarrage, soit 41,75 millions de dollars.

Une porte-parole du ministère du Patrimoine canadien souligne que l’Ontario doit d’abord adopter un projet de loi en vue de la création de la nouvelle université et ensuite soumettre une demande de financement officielle auprès du gouvernement fédéral.

« Le ministère du Patrimoine canadien ne peut spéculer sur les décisions qui pourraient être prises par le gouvernement du Canada sur ce dossier », affirme Justine Lafond.

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