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Valérie Plante veut des critères moins restrictifs pour sécuriser les intersections à Montréal

La candidate à la mairie et chef de Projet Montréal, Valérie Plante, estime que la lourdeur bureaucratique gêne les efforts pour améliorer la sécurité des piétons et des cyclistes. Elle promet de revoir les critères pour apporter des changements aux endroits problématiques dans le réseau routier montréalais.

« Pour le moment, il faut comptabiliser les accidents graves, voire même les morts, avant que la Ville décide d’agir. Nous, on veut mettre fin à cette façon de faire », a affirmé l’aspirante mairesse en conférence de presse à l'intersection des boulevards Saint-Michel et Rosemont Est, l'un des endroit problématiques identifiés par Projet Montréal.

Valérie Plante affirme que des demandes formulées par des élus de Projet Montréal à la ville centre ont été refusées parce que l’arrondissement ne pouvait prouver qu’un nombre minimal de collisions étaient survenues à l’intersection en question. Par exemple, il faut un minimum de quatre collisions en un an pour obtenir une phase prioritaire pour piétons avant que les voitures ne puissent virer à gauche.

« Les bouts de rues, les coins qui sont problématiques, on les connaît, entre autres grâce au Département de santé publique de Montréal, qui documente au fur et à mesure le nombre d’accidents et le type d’accidents, a expliqué Mme Plante. Alors, pourquoi attendre qu’il y ait des accidents graves avant d’agir? »

Projet Montréal veut surtout des actions plus rapides aux intersections de rues artérielles, et promet de les sécuriser dans la première année d'un éventuel mandat de Valérie Plante à la mairie.

Présent à la conférence de presse, le maire sortant de l'arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie, François William Croteau, a donné les exemples des intersections du boulevard Saint-Michel avec les rues Jean-Talon et Masson, du croisement Pie-IX et Beaubien ou encore de l'intersection Papineau/Jean-Talon comme des endroits où une intervention serait nécessaire.

M. Croteau a déploré, du même coup, le fait que la Ville ne profite pas des travaux de voirie pour ajouter des saillies de trottoir, lorsque cela n'a pas été fait.

La chef de Projet Montréal avait déjà promis, la semaine dernière, d'allonger le temps de traverse aux feux de circulation pour s'adapter aux besoins des aînés.

Coderre rappelle sa politique

« Nous avons déjà un plan avec Vision zéro », a répliqué le maire sortant, Denis Coderre, référant à la stratégie de son administration, lancée en 2016, pour assurer la sécurité des utilisateurs les plus vulnérables du réseau routier. Le Bureau du cycliste et du piéton s'inscrirait également dans cette optique, a expliqué M. Coderre lors d'une conférence de presse pour présenter sa plateforme électorale.

La Commission sur les transports et les travaux publics de la Ville a produit un document comportant une trentaine de recommandations et une nouvelle campagne sur la sécurité routière a été lancée en août.

Depuis l’an dernier, la Ville a ajouté trois nouveaux radars photo et prévoyait installer d'ici la fin de 2017 des feux de circulation à décompte à plus de 54 intersections.

M. Coderre a précisé que 67 intersections identifiées comme dangereuses auront été réaménagées et sécurisées d'ici la fin de l'année. En outre, Denis Coderre a promis d’ajouter des liens cyclables permanents et sécuritaires dans 57 passages intérieurs de la ville.

En 2016, 23 collisions mortelles ont eu lieu sur le territoire de l'île de Montréal, les victimes étant des piétons (15), des cyclistes (2), des automobilistes et des passagers de véhicules à moteur (6).

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