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Vent de changement à la SFM : 20 nouveaux visages au conseil d’administration

Un nouveau chapitre s'est ouvert pour la Société de la francophonie manitobaine (SFM), qui compte maintenant un conseil d'administration (C.A.) entièrement renouvelé et élargi. Ce C.A. de 20 membres est officiellement entré en fonction jeudi soir, au terme de l'assemblée générale annuelle (AGA) de l'organisme porte-parole.

Environ 200 personnes étaient présentes au Centre culturel franco-manitobain jeudi pour cette assemblée, présidée par Pauline Charrière. Une AGA particulière cette année, puisqu'elle marquait la transition vers la nouvelle structure de la SFM, présentée au printemps par un comité de refonte.

Une des nouveautés, c’était notamment la mise en place d’un nouveau C.A. de 21 personnes, dont quatre membres individuels qui ont été élus jeudi soir sans opposition :

  • présidence - Christian Monnin
  • vice-présidence - Angela Cassie
  • administrateur - Jean-Guy Talbot
  • administratrice - Jouwairia Lahboub-Daayf

L’AGA devait aussi permettre de confirmer la nomination de trois membres dits « institutionnels » au C.A., choisis directement par les trois institutions concernées :

  • Daniel Lussier (Corporation catholique de la santé du Manitoba)
  • Bernard Lesage (Commission scolaire franco-manitobaine)
  • Stéfan Delaquis (Université de Saint-Boniface)

Par ailleurs, cinq des six membres représentants des organismes à clientèle spécifique ont aussi été annoncés jeudi :

  • Suzanne Kennelly (laînés : Fédération des aînés franco-manitobains)
  • Charlotte Hébert (femmes : Pluri-elles)
  • René Préfontaine (francophiles : Canadian Parents for French)
  • Émilie Morier-Roy (jeunes : Conseil jeunesse provincial)
  • Sophie Moquin (Métis : Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba

Le 6e représentant dans cette catégorie pour les nouveaux arrivants (choisi par l’Accueil francophone) n'a pas encore été nommé : le poste restera vacant jusqu'à ce que l’Accueil devienne une personne morale distincte de la SFM.

Enfin, pour compléter ce nouveau C.A., huit membres ont été choisis pour représenter les organismes de la communauté dans différents secteurs :

  • Natalie Thiesen (Culture)
  • Denis Tétrault (Économie et finances)
  • Monique Guénette (Éducation)
  • Denis Guénette (Juridique)
  • Armand Poirier (Milieu rural et municipalités)
  • Philippe Mailhot (Patrimoine)
  • Janique Fortier (Santé et services sociaux)
  • Joël Martine (Sports)

Nouvelle dynamique à prévoir

« C’est un C.A. d’envergure assez importante, reconnaît le nouveau président de la SFM, Christian Monnin. Mais c’est pas la première fois que je siège, que je préside un C.A .de cette envergure, et même plus large que ça. Donc ça se fait. C’est dans l’esprit et le désir de travailler ensemble. »

Sa nouvelle collègue Jouwairia Lahboub-Daayf préfère aussi voir les côtés positifs. « S’il y a un sujet ou un problème, c’est mieux d’avoir plusieurs perspectives, et tout se passe avec le respect parce qu’on doit respecter le point de vue des autres. On dit “l’union fait la force”. »

« Je pense qu’il va falloir ne pas avoir peur de parler, ajoute pour sa part Émilie Morier-Roy, représentante de la jeunesse au C.A. Mais surtout il faut se concentrer sur l’écoute et la partie collaboration, parce que tout le monde va vouloir se faire entendre. Donc c’est une question de céder sa place aux autres en prenant sa place en même temps. »

Renouvellement générationnel et diversité

Ce nouveau C.A. marque une transition non seulement en terme de structure et nombre de membres, mais aussi sur le plan de la diversité. « Je dois dire que c’est intéressant de voir la diversité des personnes qui vont siéger, commente l’ancienne présidente Jacqueline Blay. Il y a aussi un niveau d'âge - par exemple la présidence a probablement 30 ans de moins que moi. Et c’est ce qu’on cherchait c’est ce renouveau-là, et je leur souhaite bonne chance dans tout ce qu’il y a à faire, parce qu’il y a beaucoup de travail à faire. »

Christian Monnin note qu’il voulait contribuer à reprendre le flambeau. « Je fais partie d’une génération qui profite bien des acquis qui ont été gagnés par les générations qui venaient avant moi alors moi je me suis dit le temps est propice, et pourquoi pas moi, pourquoi pas maintenant. »

Toutefois, même si le C.A. incarne un vent de changement et de jeunesse, certains ont remarqué jeudi soir la présence limitée des jeunes dans la foule. Émilie Morier-Roy affirme qu’elle veut travailler sur cet enjeu. « Pour assurer plus la participation active des jeunes au sein d'événements comme celui-ci, où il y a un certain manque de jeunesse dans la salle, de trouver des façons d'amener ces jeunes-là pour qu'ils soient plus au courant de ce qu'il se passe, parce qu'ils ont une place et on veut qu'ils prennent leur place. »

La présidente de l’association étudiante de l’Université de Saint-Boniface, Axelle Prisca Lokossué, qui était dans l’assemblée jeudi, livre le même constat.

« C’était vraiment génial de voir qu’on a autant de nouveaux membres et tous ces changements là auront un impact positif sur la jeunesse, commence-t-elle. Mais j’aimerais qu'à l'avenir il y ait plus de jeunes pour que ces jeunes là puissent prendre la relève. Il ne faut pas arriver à un certain âge pour pouvoir s’engager il faut commencer très jeune. »

Presse-Ouest, et autres dossiers à suivre

L’AGA était aussi l’occasion de rappeler quels sont les dossiers qui demeurent sur la table pour la SFM, entre autres : la mise en oeuvre du plan stratégique communautaire, l’application des propositions du comité de refonte, les relations avec les gouvernements provincial et fédéral (en particulier, le suivi des résultats du sondage sur les services en français au Manitoba), la définition et la méthode de dénombrement des francophones, ou encore l’immigration.

Plus spécifiquement, deux dossiers devront être traités rapidement a souligné la présidente sortante Jacqueline Blay : l’avenir de l'Accueil francophone, qui doit être constitué comme corporation sans but lucratif, et le sort de Presse-Ouest Ltée (responsable du journal La Liberté, mais qui appartient à la SFM), pour qui un comité est chargé de déterminer la structure de gouvernance la plus adaptée.

Le président de Presse-Ouest, Marc Marion, espère aller de l’avant dans ces discussions. « Je pense que la structure même est problématique, dit-il. Le danger c'est que l’organisme porte-parole décide de nommer les leurs sur le C.A. de Presse-Ouest. Heureusement que la SFM a une tradition de sagesse de respecter les personnes qui sont nommées au CA, mais ça peut arriver. »

Lors de l’AGA, Marc Marion a d’ailleurs fait part d’un exemple récent d’ingérence, impliquant un échange de courriels avec la SFM. « Les relations ont été un peu tendues [...]. Au mois de décembre on reçoit un courriel du C.A. de la SFM demandant des actions, des gestes concrets qui sont des gestes d’ingérence dans le contenu du journal, des demandes de rétractation, d’excuses, que tous les articles au sujet de la SFM soient d’abord soumis à la SFM pour qu’ils puissent donner leur point de vue », raconte-t-il.

« Nous au C.A. on a dit non, l'indépendance de la rédaction est très importante, on ne s’ingère pas dans la rédaction [...]. Pour nous c’était le respect de la liberté de la presse », poursuit-il.

En réponse, l’ex-présidente de la SFM estime qu’il s’agit d’une question « d’interprétation, probablement ». « C’est pas la première fois qu’on dit qu’on a fait de l’ingérence, qu’on s’est ingérés dans les affaires de La Liberté, dit Jacqueline Blay. Je ne veux vraiment pas rentrer dans le détail de ça, ce sont des discussions qui commencent avec “il a dit il a dit” et ca finit en spirale et personnellement j’ai fini mon mandat, je suis pas intéressée à démarrer une autre polémique. »

Marc Marion pense que dans tous les cas, il faut trouver rapidement un modèle, par exemple que le journal devienne une entreprise sociale, suggère-t-il, ou qu'un acheteur de la communauté se manifeste.

Suivez en direct la réunion grâce à nos journalistes sur place

Discours de la présidente de la Société de la francophonie manitobaine prononcé jeudi soir

Procès-verbal de l'Assemblée générale extraordinaire de la Société de la francophonie manitobaine du 13 mai 2017

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