Le gouvernement du Québec veut assouplir la réglementation pour les titulaires de permis d'alcool. Ces derniers devront dorénavant obtenir qu'un seul permis, peu importe le nombre de pièces de leur établissement.

Un texte de Cathy Senay

« On a des règlements qui datent d'à peu près du temps de la prohibition, s'exclame Hugues Philippin, propriétaire de Chic Alors!. On est encore en 2017 avec les mêmes règlements. »

Le restaurateur avance que la légalisation du cannabis a possiblement mis de la pression pour que les réformes aboutissent.

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a profité de l'ouverture des terrasses sur la Grande-Allée à Québec pour confirmer la mise en place du permis unique dans les bars et les restaurants.

Avant d'entrer en vigueur, le règlement doit être entériné par le gouvernement Couillard au moins 45 jours après sa publication, ce qui ne pourra pas se faire avant l'automne. La mesure avait déjà été annoncée dans le discours du budget provincial en 2015.

Le nouveau règlement coûtera environ trois millions de dollars à l'État, souligne le ministre Coiteux : « On a baissé le prix du permis pour tout le monde. » Le prix du permis d'alcool passera de 617 à 563 dollars.

Le permis unique était réclamée par les propriétaires depuis plusieurs années pour réduire leurs coûts d'exploitation et leur fardeau administratif. Les propriétaires devaient jusqu'à présent détenir autant de permis d'alcool que le nombre de pièces et de terrasses dans leur établissement.

Moins cher pour les restaurateurs

Environ 5700 propriétaires de bars et de restaurants du Québec pourront profiter de la nouvelle mesure lorsqu'elle sera en vigueur. En fait, la moitié des 11 740 propriétaires d'établissement détiennent plus d'un permis d'alcool.

La Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) distribue annuellement près de 22 000 permis. Ce nombre devrait diminuer à 14 000 après l'implantation du permis unique.

Dans le cas d'Hugues Philippin, son établissement compte présentement cinq permis. La nouvelle réglementation va alléger sa tâche administrative et surtout lui permettre de réaliser des économies de 2000 $ par année.

« Vendre pour 2000 $ de repas et faire du profit là-dessus, on multiplie par 10 sinon par 20. Alors quand on parle de 2000 $, c'est 20 000 à 40 000 dollars de ventes qu'il faut faire pour générer ce montant. »

Mesures réclamées depuis 15 ans

« Ça fait au-delà de 15 ans que l'Association des restaurateurs du Québec milite en faveur de changements importants à la loi sur les permis d'alcool », souligne son représentant François Meunier.

Un autre projet de règlement permettra dorénavant aux exploitants d'acquitter des frais pour une infraction relevée plutôt que de voir leur permis suspendu ou révoqué. « Le message que ça lance c'est qu'on s'en va vers une modernisation de la loi. »

D'autres mesures sont attendues par les restaurateurs cet automne: l'abolition du timbre de droit, un permis saisonnier, etc. « Aujourd'hui, c'est un apéritif », lance François Meunier.

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