Courtisé par plusieurs partis politiques depuis son départ de La Presse en 2017, le chroniqueur Vincent Marissal affirme avoir choisi la bannière de Québec solidaire parce que c'est dans ce parti qu'il se « reconnaît le plus ».

Un texte de Stéphane Bordeleau

Vincent Marissal a expliqué à Gravel le matin, sur les ondes d'ICI Première, qu’il songeait depuis longtemps au service public.

« J’ai le goût de contribuer. Je sais que ça peut avoir l’air naïf de dire ça, je sais que ça peut avoir l’air candide. Mais après toutes ces années à couvrir la politique, il me reste un peu de candeur et moi j’y crois, au service public. », a-t-il expliqué.

Questionné sur le choix de la formation politique pour laquelle il se présente, Vincent Marissal a expliqué que tous les partis provinciaux et fédéraux, à l'exception des conservateurs, l'ont approché à un moment ou un autre au cours des 15 dernières années. Ce n'est pas par hasard qu'il a choisi Québec solidaire, a-t-il dit, c'est le fruit d'une longue réflexion fidèle à ses convictions sociales-démocrates.

Mardi matin, lors de l'annonce de sa candidature à l'investiture de QS dans la circonscription montréalaise de Rosemont – actuellement tenue par le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée –, Vincent Marissal a expliqué qu'il avait choisi de se présenter dans cette circonscription tout simplement parce qu'il y vit depuis longtemps.

M. Marissal a ajouté qu'il sent aussi actuellement dans la circonscription de Rosemont une volonté de changement, une « envie de rallier notre grand mouvement ».

L'attrait de Gabriel Nadeau-Dubois

Se disant conquis par la personnalité de Gabriel Nadeau-Dubois, qu’il considère comme un « jeune homme super brillant » et « très organisé », l’ex-chroniqueur a expliqué que c’est lui-même qui a approché Québec solidaire après son départ de La Presse, au printemps 2017.

Il s'en est suivi une série d'échanges et de discussions entre l'ex-chroniqueur et le jeune porte-parole de Québec solidaire qui ne s'est conclue que tout récemment par la décision de Vincent Marissal de se lancer dans la prochaine campagne sous la bannière solidaire.

« Québec solidaire est un parti qui défend des valeurs avant tout – avant tous les calculs, toutes les stratégies – et Vincent Marissal est un homme qui, aujourd’hui, fait le saut en politique pour défendre des valeurs. », a ajouté M. Nadeau-Dubois.

Bien que ce soit aux membres de QS de déterminer lors de l'investiture si Vincent Marisal représentera le parti dans Rosemont lors des élections, QS entend mettre à profit l'expérience et les talents de l'ex-journaliste à titre de conseiller spécial en affaires publiques, a annoncé la co-porte-parole du parti Manon Massé.

Et la souveraineté?

Québec solidaire étant un parti ouvertement souverainiste, Vincent Marisal a assuré qu'il était souverainiste dans le passé et qu'il l'est toujours.

Quant aux doutes soulevés récemment dans certains médias sur son allégeance souverainiste, Vincent Marissal a affirmé ne pas comprendre ces doutes.

Selon lui, ce n’est pas parce qu’il a travaillé de nombreuses années dans un quotidien fédéraliste que cela fait nécessairement de lui un fédéraliste.

Questionné par les journalistes sur des déclarations publiques qu’il a faites il y a quelques années à des journalistes de CBC voulant que le mouvement souverainiste soit dépassé, notamment chez les jeunes, Vincent Marissal a expliqué qu’il faisait à l’époque son travail d’analyste politique et que c'était le constat qui s'imposait à ce moment.

Précisant que ces déclarations répondaient à des questions très précises sur l’arrivée de Jean-François Lisée à la tête du PQ et l’opinion des jeunes face à la souveraineté, il a ajouté que ses convictions personnelles sont intactes, mais que ce n’est un secret pour personne que la souveraineté « ne vit pas ses meilleurs moments ».

« Je serais assez gêné aujourd’hui si j’avais dit le contraire », a-t-il ajouté.

Malgré ses convictions souverainistes de longue date, Vincent Marissal a expliqué que le Parti québécois n’était cependant pas une option pour lui.

« Le PQ est un véhicule encore valable, mais moi, il ne m’attire pas. Il y a eu, notamment, tout le dossier identitaire, ce qu’on a appelé la « charte des valeurs » ou que sais-je encore. Moi, je ne suis pas de cette école-là, ça ne m’intéresse pas », a-t-il expliqué.

Division du vote souverainiste

Il va sans dire que la venue d'un candidat d'envergure pour QS dans Rosemont ne facilitera pas la tâche du Parti québécois qui tentera d'y faire réélire Jean-François Lisée lors du prochain scrutin.

Pour la leader parlementaire adjointe du PQ, Carole Poirier, une telle concurrence dans cette circonscription ne pourra que se solder par la perte d'un député souverainiste à Québec. Selon elle, la division du vote souverainiste dans Rosemont ne peut conduire qu'à l'élection d'un député libéral.

Vincent Marissal, qui a reconnu l’existence de ce risque, a cependant précisé que ce sont les électeurs qui ont le dernier mot.

« Si les électeurs de Rosemont ont envie de réélire Jean-François Lisée, soit. Mais s’ils ont envie d’une autre offre politique, pourquoi est-ce que nous, on se tasserait sous prétexte qu’on va diviser le vote? » a-t-il demandé.

Quant au premier ministre du Québec et chef du Parti libéral, Philippe Couillard, il voit la venue de Vincent Marissal dans l'arène politique comme une bonne chose pour la démocratie.

« C'est bon pour la démocratie. Une nouvelle personne qui vient en politique, il faut toujours saluer ça, saluer l'engagement politique des gens et au bout de la route, ce sont les citoyens qui feront leur jugement », a mentionné le premier ministre Couillard.

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