À la suite du départ subit du chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, plusieurs ont manifesté leur intérêt pour le poste, et cinq candidats se sont officiellement lancés dans la course.

À quoi ressemblera la course à la direction du PQ, qui prendra fin l'automne prochain? État des lieux des forces en présence.

ALEXANDRE CLOUTIER

Deuxième dans la course à la direction du PQ en 2015, avec 29 % des votes, Alexandre Cloutier a annoncé le 13 mai qu'il sera à nouveau candidat au poste de chef. Il fera de l'éducation sa priorité. Son slogan : « Rassembler, construire, gagner ». Il a été le premier à recueillir les signatures requises pour se lancer.

Parmi les idées que ce jeune père de famille avait avancées l'an dernier : réduire le fardeau fiscal de la classe moyenne et surtout adopter une nouvelle approche pour réaliser l'indépendance du Québec, qui mettrait les citoyens au coeur de la démarche. Il proposait alors de déclencher un référendum seulement si 1 million de Québécois signaient un registre pour en réclamer la tenue.

Alexandre Cloutier représente les électeurs de la circonscription de Lac-Saint-Jean depuis 2007. Il a notamment été ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes, à la Francophonie canadienne et à la Gouvernance souverainiste dans le gouvernement de Pauline Marois.

Huit députés péquistes se sont présentés à ses côtés le jour de l'annonce de sa candidature : François Gendron, Agnès Maltais, Harold Lebel, Dave Turcotte, Sylvain Rochon, Martin Ouellet, Guy Leclair et Sylvain Roy. Depuis, quatre autres membres du caucus l'ont aussi appuyé : Diane Lamarre, Nicole Léger, Maka Kotto et Mireille Jean. Alexandre Cloutier peut aussi compter sur le soutien de l'ancien premier ministre Bernard Landry, de l'ex-ministre Stéphane Bédard et de l'ex-chef du Bloc québécois Gilles Duceppe.

JEAN-FRANÇOIS LISÉE

Les Québécois sont « majoritairement réfractaires » à la tenue d'un référendum sur la souveraineté, a mentionné Jean-François Lisée en annonçant sa candidature. C'est pourquoi celui qui représente les électeurs de Rosemont depuis 2012 a écarté la possibilité de tenir un référendum lors d'un premier mandat, s'il devient chef du PQ et forme le prochain gouvernement.

Jean-François Lisée a notamment été ministre des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur dans le gouvernement Marois. Sur son profil Twitter, il se décrit comme « partisan de la gauche efficace, de l'écologie, de l'indépendance et du sens de l'humour ».

En 2015, il s'était retiré de la course à la direction du parti avec le constat que Pierre Karl Péladeau avait déjà remporté la victoire. « Le Parti québécois veut vivre son moment Pierre Karl Péladeau jusqu'au bout. Il faut l'accepter et souhaiter que ce moment nous mène à des victoires », avait-il conclu.

Mais si le rêve de Jean-François Lisée est encore de diriger un jour le Parti québécois, il n'avait pas vraiment le choix de se lancer cette fois-ci, selon notre reporter à l'Assemblée nationale Martine Biron.

MARTINE OUELLET

La députée de Vachon a annoncé officiellement sa candidature à la direction du Parti québécois fin mai, en affirmant qu'un gouvernement qu'elle dirigerait tiendrait un référendum sur la souveraineté du Québec dès un premier mandat. Martine Ouellet était arrivée en troisième place lors de la précédente course, en 2015, en récoltant 13 % des votes.

Avant d'être élue députée, elle travaillait pour Hydro-Québec et militait au sein de l'organisme Eau Secours. Ingénieure de formation, elle a notamment été ministre des Ressources naturelles dans le gouvernement Marois.

Bien qu'elle dispose de beaucoup d'appuis dans le milieu syndical, aucun député du caucus péquiste ne l'a soutenue lors de la course de 2015.

PAUL ST-PIERRE PLAMONDON

L'avocat et essayiste Paul St-Pierre Plamondon se porte candidat à la direction du PQ avec l'ambition de reconnecter ce parti avec les Québécois. Il pense que le PQ devrait d'abord tâcher de regagner la confiance de la population au cours d'un premier mandat en assurant une bonne gouvernance. Il relègue donc la tenue d'un référendum à un éventuel deuxième mandat et propose d'en laisser l'initiative à la population.

L'homme de 39 ans a fondé récemment Les orphelins politiques, un mouvement de gauche modéré qui veut rassembler ceux qui sont déçus par la politique au Québec.

Paul St-Pierre Plamondon a aussi cofondé en 2008 Générations d'idées, un groupe de réflexion non partisan qui offre une tribune aux jeunes. Il a présidé cet organisme pendant cinq ans.

ELLE S'EST RETIRÉE DE LA COURSE

VÉRONIQUE HIVON

La députée de Joliette depuis 2008 a abandonné la course, fin août, en raison de « l'aggravation de l'infection virale aiguë dont elle souffre depuis une dizaine de jours et de la détérioration » de sa santé.

Bien qu'elle ait apporté son soutien à Alexandre Cloutier lors de la course à la direction l'an passé, Véronique Hivon s'était officiellement portée candidate le 9 mai dernier devenant la première à annoncer ses intentions.

Celle qui représente les électeurs de Joliette depuis 2008 prônait un « Parti québécois réinventé et résolument tourné vers l'avenir ». Elle avait tendu également la main à ceux qui se disent « orphelins » et qui sont « désabusés » de la politique. 

Véronique Hivon a pris du galon lorsqu'elle était ministre déléguée aux Services sociaux dans le gouvernement Marois. Nombreux sont ceux qui ont alors applaudi son habileté à piloter le projet de loi sur l'aide médicale à mourir. On la dit aussi rassembleuse.

Mme Hivon avait reçu l'appui de cinq députés du caucus péquiste : Carole Poirier, Sylvain Pagé, Claude Cousineau, André Villeneuve et Mathieu Traversy.

ILS ONT RENONCÉ À SE PORTER CANDIDATS

JEAN-MARTIN AUSSANT

Le 8 mai dernier, Jean-Martin Aussant a confirmé dans un texte publié sur Facebook qu'il ne se lancerait pas dans la course à la direction du Parti québécois et qu'il excluait un retour en politique « à ce moment-ci ».

L'ex-député de Nicolet-Bécancour a claqué la porte du PQ en juin 2011, car selon lui, ce parti n'en faisait pas assez pour promouvoir la souveraineté du Québec. Il a ensuite fondé son propre parti indépendantiste, Option nationale. En 2013, il quittait la vie politique pour sa famille. Il est ensuite allé travailler pour la banque Morgan Stanley, à Londres.

En juin dernier, lors des funérailles de l'ex-premier ministre péquiste Jacques Parizeau, dont il était proche, Jean-Martin Aussant a appelé à « la fin des exils... de tous les exils ». De retour depuis l'été 2015, Jean-Martin Aussant est le directeur général du Chantier sur l'économie sociale du Québec.

NICOLAS MARCEAU

Tout comme en 2015, l'ex-ministre des Finances Nicolas Marceau a songé à se porter candidat, mais il y a finalement renoncé. Sa décision a été annoncée le 11 mai. Nicolas Marceau représente les électeurs de Rousseau depuis 2009. Il avait appuyé la candidature de Pierre Karl Péladeau l'an dernier.

Le lundi 30 mai, toutefois, un groupe d'indépendantistes mené par Nicolas Marceau s'est immiscé dans la course à la direction du PQ en suggérant une nouvelle approche visant à sortir du statu quo constitutionnel. Ils proposent qu'un futur gouvernement péquiste organise un référendum en 2021 pour demander aux Québécois s'ils appuient l'indépendance de la province ou une hypothétique offre de fédéralisme renouvelé qu'un gouvernement péquiste tenterait d'obtenir.

Avec la collaboration de Sébastien Bovet

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