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Voiture incendiée : un geste « haineux » qui inquiète la classe politique

La classe politique condamne sans ménagement l'incendie criminel perpétré sur la voiture du président du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ), Mohamed Labidi : un nouveau geste « haineux » envers la communauté musulmane qui a de quoi inquiéter.

Un texte de Louis Gagné

« Ça nous préoccupe beaucoup, beaucoup, parce que [l’attentat contre la mosquée] le 29 janvier, c’était un geste isolé. Là, vous avez un nouveau geste. Il faut faire attention [parce que] l’enquête est en cours, mais à vue de nez comme ça, c’est extrêmement préoccupant en termes d’addition de geste haineux », a réagi le maire de Québec, Régis Labeaume.

Radio-Canada a appris que la voiture de Mohamed Labidi avait été visée par un incendie criminel dans la nuit du 5 au 6 août dernier. Le Service de police de la Ville de Québec a ouvert une enquête, mais aucun suspect n’a encore été appréhendé.

Régis Labeaume a tenu à préciser que « ces malheureux incidents » ne reflétaient en rien « les valeurs de respect des droits de la personne et des différences » que prônent les citoyens de Québec.

« Curieux hasard »

Le maire de Québec a rappelé que l’événement est survenu quelques heures après que la Ville eut annoncé la vente d’un terrain à la communauté musulmane afin qu'elle puisse y aménager un cimetière.

« Je ne peux pas faire de lien [entre les deux événements] parce que l’enquête n’est pas terminée, mais ce serait un curieux hasard qu’il n’y en ait pas », a-t-il dit.

Le gouvernement Couillard a également dénoncé le geste criminel posé contre Mohamed Labidi. Le ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, François Blais, a mentionné que ses collègues au cabinet et lui-même étaient « extrêmement inquiets de ce qui est arrivé ».

« On parle d'une montée, parfois, de l'extrême droite. Je fais toujours attention là-dessus, mais carrément, là, il y a des événements qui s'additionnent et il y a des raisons de s'inquiéter en ce moment dans la région de Québec, de tout ce qui s'est passé », a commenté M. Blais à la sortie du Conseil des ministres.

Son collègue à la Sécurité publique, Martin Coiteux, invite à la prudence avant de parler d’un geste haineux. Il convient toutefois que les récents événements sont préoccupants.

« On va attendre les résultats de l’enquête, mais ça, c’est une couche supplémentaire. Un crime, c’est inacceptable, mais un crime haineux, c’est encore plus inacceptable », a déclaré le ministre.

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