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Vos candidats à l'Assemblée législative : un regard sur leur participation aux votes depuis 2014

Au moins 80 % des députés qui briguent un nouveau mandat aux élections provinciales ont voté environ 80 % du temps, selon une analyse de la CBC. Ceux qui affichent un taux de participation plus faible soulignent que les députés ont des tâches aussi à l'extérieur de la Chambre, à Queen's Park.

En Ontario, la grande majorité des votes sont enregistrés dans les procès-verbaux. On y retrouve ainsi le nom de famille de chaque député dont le vote pour ou contre une motion ou un projet de loi a été enregistré (les abstentions ne sont pas compilées).

L’analyse de CBC porte sur près de 400 votes au cours de 200 journées en Chambre lors du dernier mandat des députés, de 2014 au 8 mai dernier. On y retrouve notamment les votes sur les budgets déposés par le gouvernement provincial, dont celui qui a mené à la privatisation partielle d’Hydro One, ainsi que celui sur la loi qui encadre le financement des partis politiques.

« Je suis assez surprise, je les trouve assez assidus. Je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi élevé que ça », dit la politologue et professeur à l'Université d'Ottawa, Geneviève Tellier.

Elle remarque que les plus présents lors des votes sont les ministres alors que les députés qui n'ont pas de portefeuille le sont moins. Elle explique que ces derniers doivent également travailler dans les comités qui souvent se réunissent pendant les travaux de la Chambre.

Les députés de l'opposition sont aussi généralement moins assidus, note Genviève Tellier. « Étant moins nombreux, ils doivent souvent siéger à plus de comités que le parti au pouvoir », dit-elle.

Le député Jack MacLaren, qui a été expulsé du caucus conservateur l’an dernier après la publication d’une vidéo dans laquelle il semble être en accord avec un groupe qui déplore les droits linguistiques de certains francophones en Ontario, obtient le taux de participation le plus bas avec 45 %. Il se présente dans la circonscription de Kanata-Carleton pour le Parti Trillium. Il n’a pas répondu à une demande d’entrevue de CBC.

Le député libéral de Thunder Bay—Supérieur-Nord, Michael Gravelle, qui a dû prendre un congé de maladie de six mois l’an dernier, figure au second rang avec un taux de participation de 49 %.

Les députés conservateurs Randy Hillier et Monte McNaughton ont participé environ une fois sur deux aux votes. Par courriel, Randy Hiller souligne que la présence des députés n’est pas recensée à Queen’s Park en raison des multiples tâches assignées à ceux-ci. Il donne en exemple les comités parlementaires, les responsabilités ministérielles et de porte-parole des partis d'opposition ainsi que les heures passées dans la circonscription.

Même son de cloche du député Monte McNaughton, qui souligne qu’il a posé 55 questions en Chambre, envoyé 92 mémorandums aux ministres et participé à des dizaines de réunions de comités à l’Assemblée législative. Il ajoute que ces chiffres sont publiés sur son site web, et incite les autres députés à suivre son exemple par souci de transparence.

Être à la fois chef de parti et députée

Les deux chefs de parti qui ont siégé à Queen’s Park ont aussi des taux de participation moins élevés : Andrea Horwath, du NPD, figure sur 212 votes enregistrés (54 %) alors que sa rivale, Kathleen Wynne, a participé à 66 % des votes.

Une porte-parole du Parti libéral explique les absences de Mme Wynne par ses fonctions de première ministre.

Mme Davidson ajoute que l'incertitude concernant la renégociation de l’ALENA depuis l'élection de Donald Trump aux États-Unis a forcé la première ministre à dédier une partie « considérable » de son temps à ses relations avec des élus et hauts fonctionnaires américains.

La chef néo-démocrate Andrea Horwath offre une explication semblable, disant qu'elle cherche depuis « plus d'une décennie » à améliorer le bien-être des « familles ontariennes ».

Les députés affichant le plus haut taux de participation sont Cristina Martins, Yvan Baker et Arthur Potts avec 96 %.

Devrait-on en savoir plus sur le quotidien des politiciens?

La présence en Chambre n’est pas compilée pour les députés ontariens.

Cependant, depuis l’adoption d’une loi sous le gouvernement de Dalton McGuinty en 2004, les ministres doivent participer au deux tiers des périodes de questions. Ils peuvent écoper d’une amende de 500 $ pour chaque journée d’absence qu’ils accumulent, à moins que cette absence ne soit justifiée (maladie, fête religieuse, mission économique, par exemple).

L’organisme Democracy Watch réclame la création d'une banque de données qui permettrait aux électeurs de déterminer ce que font les députés « chaque jour, chaque minute qu’ils passent au travail ».

« Les électeurs ont le droit de savoir parce qu’ils payent [les députés] », affirme son cofondateur Duff Conacher.

Il accuse les politiciens de s’opposer à de telles mesures.

La politologue Geneviève Tellier dit ne pas être certaine que cette idée soit une priorité ou apporterait plus de transparence. « Moi j'aime beaucoup plus la notion de transparence, par exemple d'avoir les comptes de dépenses et les déplacements », précise-t-elle.

L'information est quand même publique, note-t-elle et « si on veut voir comment un député a voté, on va voir le projet de loi et on a l'information. Il y a peut-être certains parlements qui s'y prennent mieux. [...] Mais c'est lourd à gérer comme système informatique ».

Selon les informations de CBC

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