Retour

Wright dément avoir menti à Harper et parle plutôt d'une « omission »

L'ex-chef de cabinet du premier ministre Stephen Harper, Nigel Wright, nie avoir menti au premier ministre en évitant de lui dire comment les dépenses du sénateur suspendu Mike Duffy allaient réellement être remboursées. Il parle plutôt d'une omission de sa part.

Nigel Wright a soutenu qu'il avait prévenu le premier ministre que le sénateur Duffy rembourserait les dépenses réclamées injustement. Pourtant, c'est M. Wright, riche homme d'affaires, qui a lui-même effacé de sa poche la dette du sénateur Duffy en lui remettant un chèque personnel de 90 000 $, après que le parti lui-même ait refusé de le faire.

L'avocat de M. Duffy, Donald Bayne, a demandé à M. Wright pourquoi il avait ainsi « menti » à son patron, mais l'ex-chef de cabinet a préféré parler d'une omission.

« J'ai simplement estimé que cela ne faisait pas partie des sujets que je devais valider avec (le premier ministre) », a répondu M. Wright.

L'avocat a poursuivi: « Duffy n'allait pas rembourser. Ne croyez-vous pas qu'il y avait une différence entre le fait qu'il rembourse (de sa poche) et le fait que le parti (conservateur) rembourse à sa place, en vertu d'une initiative secrète du sénateur (Irving) Gerstein et d'autres personnes? ».

« Honnêtement, je ne crois pas qu'il y avait une différence si grande », a répondu M. Wright.

Donald Bayne tente de faire valoir que son client avait été piégé et forcé de participer à un stratagème pour faire croire qu'il avait lui-même remboursé quelque 90 000 $ de dépenses jugées injustifiées, alors que la somme lui avait, de fait, été avancée par M. Wright.

Le stratagème prévoyait que le sénateur conservateur admette publiquement ses erreurs et qu'il promette de rembourser les sommes injustement réclamées. Selon ce plan, le sénateur aurait admis avoir fait une erreur lors d'un point de presse qui se serait tenu à l'Île-du-Prince-Édouard. L'avis aux médias aurait été envoyé à la dernière minute pour éviter que les journalistes d'Ottawa et les partis d'opposition ne s'emparent de l'affaire.

En se basant sur les échanges de courriels entre le sénateur et l'entourage du premier ministre, les avocats de la défense ont laissé entendre que Mike Duffy était persuadé qu'il avait droit à ses allocations de résidence et qu'il était prêt à collaborer avec la firme Deloitte, chargée d'analyser ce type d'allocation.

Le contre-interrogatoire de Nigel Wright, dans le cadre du procès de Mike Duff pour fraude, corruption et abus de confiance, se poursuivra mardi. 

Concernant la suite des procédures, les avocats de la défense ont émis un doute sur le fait que Ray Novak, l'actuel chef de cabinet de Stephen Harper, puisse être appelé à comparaitre. Toutefois, l'ancien conseiller légal du premier ministre, Benjamin Perrin, sera probablement appelé à témoigner lors de prochaines audiences.

Plus d'articles

Commentaires