Deux jours à peine après le déclenchement des élections, le chef conservateur Stephen Harper et le gouvernement ontarien de la première ministre Kathleen Wynne n'en finissent plus de s'attaquer. Une situation qui ne fait vraisemblablement que commencer, puisque l'Ontario, forte de ses 121 circonscriptions électorales fédérales, est un champ de bataille crucial pour quiconque aspire à former le prochain gouvernement du Canada.

Un texte de François Messier

C'est le premier ministre sortant qui a relancé les hostilités, mardi matin, lorsqu'un journaliste du Toronto Star lui a demandé s'il avait les moyens de faire campagne non seulement contre les chefs des autres partis, mais aussi contre le gouvernement de l'Ontario. Queen's Park a ouvertement annoncé son intention de faire campagne contre les conservateurs la semaine dernière, avant même que les élections ne soient déclenchées, en raison de leur opposition à la création d'un régime de retraite provincial.

La réponse de Stephen Harper n'a laissé aucun doute : « Je noterai ce qu'un responsable m'a dit quand je suis entré en fonction : "C'est avec les premiers ministres qui font le meilleur travail que vous aurez les meilleures relations" », a dit le premier ministre sortant, une réplique accueillie par des rires, puis par des applaudissements de la part des spectateurs triés sur le volet pour assister à une annonce électorale.

« Il y a des gouvernements libéraux et néo-démocrates dont la principale demande au gouvernement fédéral est une hausse des contributions des travailleurs et des petites entreprises au Régime de pensions du Canada », a poursuivi M. Harper. « Les travailleurs et les petites entreprises rejettent cette politique. Ils n'en veulent pas. Ils veulent des options, comme la création du compte d'épargne libre d'impôts [CELI] et le régime de pension agréé collectif. »

« Nous ne pensons pas que les Canadiens veulent que la cote de crédit de leur gouvernement fédéral soit abaissée, comme cela a été le cas ici, en Ontario », a-t-il ajouté par la suite. Depuis un an, les agences de notation Standard & Poor's et Fitch ont abaissé la cote de crédit de l'Ontario d'un cran, en évoquant le poids de sa dette, qui frôle les 300 milliards de dollars.

Queen's Park n'a pas tardé à faire savoir aux journalistes qu'il allait répondre, ce qu'il a fait en milieu d'après-midi.

« L'Ontario a besoin de travailler avec un nouveau gouvernement fédéral. Stephen Harper et ses ministres préfèrent jouer à des jeux politiques plutôt que de travailler dans l'intérêt de la population de ce pays. C'est particulièrement vrai en Ontario », a commenté Kathleen Wynne, dans une déclaration écrite transmise à la presse, avant de se porter à la défense de son plan pour un régime de retraite.

« Nous avons demandé au gouvernement Harper de nous aider dans la mise en oeuvre de ce plan, à coût nul pour eux. Ils nous ont tourné le dos et, dans un geste qu'on peut seulement qualifier d'attaque envers la population de notre province, ont refusé de nous accorder le même traitement offert facilement à d'autres provinces. Ils jouent aussi à des jeux politiques offensants avec les projets d'infrastructures de l'Ontario », a ajouté Mme Wynne.

La première ministre de l'Ontario réitère par ailleurs sa volonté d'équilibrer le budget de la province en 2017-2018 et défend la gestion économique de son gouvernement.

Lundi, Stephen Harper s'était également attaqué à la volonté du gouvernement Wynne de créer son propre régime de retraite. Cette politique, a-t-il dit, coûtera 1000 $ à chaque travailleur gagnant 60 000 $ par année, et une somme similaire pour son employeur.

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