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Yellowknife : l'Enquête nationale sur les femmes autochtones invitée à persévérer

L'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées reprend ses travaux après une année 2017 marquée par de nombreux départs et critiques entourant le déroulement des travaux.

Une quarantaine de familles des Territoires du Nord-Ouest doivent témoigner cette semaine à Yellowknife. Depuis le début des audiences de l'Enquête au printemps 2017, plus de 600 familles y ont participé et la commissaire Michèle Audette affirme qu'autant souhaitent encore le faire. « Elles veulent partager leur vérité, leurs histoires, leurs visions et leurs recommandations », a-t-elle dit à l'ouverture des audiences mardi.

En dépit des critiques

En réponse aux critiques entourant la vague de démissions, la commissaire Michèle Audette affirme que « C'est un contexte historique et unique avec pas beaucoup de repères. C'est normal ce qui se passe, c'est dynamique, c'est organique, ça bouge, mais l'amour que je vois derrière la scène, il y a une volonté pour découvrir la vérité et surtout l'honorer. »

Quant au soutien psychologique des familles qui participent à l'Enquête, Michèle Audette affirme que l'organisation apporte un appui professionnel avec une équipe mobile pendant les audiences et jusqu'à quelques mois par la suite, mais que par après, la responsabilité sera entre les mains de tous les paliers de gouvernement.

« Il faut se rappeler comme citoyen, comme gouvernement, mais aussi pour nos leaders autochtones, avant l'Enquête nationale, les communautés avaient une responsabilité et ont toujours une responsabilité, donc on parle de tous les paliers de gouvernement. [Une fois le rapport déposé], le processus de guérison et l'application des recommandations doit être pris en compte partout au Canada. »

La Commission invitée à persévérer

Parmi les participants, Lesa Semmler, infirmière à Inuvik et fille d'une victime de meurtre, a demandé aux commissaires à ce que davantage soit fait pour éduquer les jeunes à entretenir des relations saines, et que plus de soutien financier soit offert aux victimes de tragédies.

« Ma mère a été tuée mais je vais m'assurer de faire quelque chose de positif pour sa mort. Je vais parler. Je vais montrer au monde que peu importe les problèmes qu'on a vécus, les choses qu'on a vues, on peut utiliser ça pour faire de bonnes choses. »

Lesa Semmler a encouragé les commissaires à poursuivre leur travail au nom des familles comme la sienne.

Plaidoyer pour plus de services en santé mentale

Dean et Kathy Meyer quant à eux ont perdu leur fille Angela Meyer en 2010 à Yellowknife alors qu'elle était en congé de l'hôpital pour des problèmes de schizophrénie. Elle est disparue sans que l'enquête policière puisse déterminer ce qui lui est arrivé.

« Il faut regarder de près l'étendue des problèmes de santé mentale que nous avons dans le Nord et dans le reste du Canada », a dit la mère de la victime, Kathy Meyer.

Son père Dean Meyer ajoute que les professionnels de la santé dans le Nord sont souvent des remplaçants qui viennent quelque temps seulement, ce qui nuit à un bon suivi des patients. « Je ne crois pas [qu'Angela] a eu un seul psychologue qui était réellement de Yellowknife, ou du Nord. »

D'après les informations de Claudiane Samson/Radio-Canada et Randi Beers/CBC

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