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20 ans de la téléréalité : analyse du phénomène et témoignage d'un participant d'Abitibi

Le concept d'émission de téléréalité a 20 ans en 2016. Ce phénomène télévisuel subsiste deux décennies après son invention notamment pour sa mise en scène du quotidien et pour le rapport de pouvoir que le public peut entretenir sur l'issue d'une série. Francis Greffard, musicien abitibien ayant participé à Star Académie, témoigne avoir pris part à cette aventure pour le trip avant tout.

Une recette lucrative

Le concept même des téléréalités viendrait « d'une lente évolution de la télévision dans une visée de toujours avoir un lien de plus en plus direct avec nous, un lien affectif, émotif », estime Louis-Paul Willis, professeur d'études cinématographiques et médiatiques à l'UQAT.

Selon lui, les « mises en scène d'une quotidienneté », accompagnées d'une « certaine fictionnisation », viennent chercher le public. L'auditoire peut aussi développer des liens identificatoires avec les participants et participantes puisque, en principe, le commun du mortel pourrait faire partie de toute téléréalité.

« La transmission de la quotidienneté nous fait vivre par procuration ce qu'on pourrait vivre en direct », ajoute M. Willis, mais il croit que le public préfère rester assis confortablement dans son salon que de partir vivre les aventures proposées dans ce type d'émissions.

Avec les années, ce genre télévisuel s'est diversifié, démontrant une fluidité, se déclinant selon les auditoires, note aussi le professeur de l'UQAT.

Les téléréalités ont aussi amené une interaction avec l'émission lorsque le public est appelé à voter pour déterminer l'issu d'une téléréalité, par exemple, qui n'avait jamais été possible auparavant.

Pour toutes ces raisons ultimement lucratives pour les télédiffuseurs, M. Willis croit que les téléréalités ne sont pas sur le point de disparaître.

Pourquoi y participer?

Il y a quelques années, le musicien abitibien Francis Greffard a participé à l'émission Star Académie. « Quand ça a commencé en 2003, je n'étais vraiment pas intéressé par le concept, admet-il, parce que je n'étais pas sûr de vouloir me faire filmer 24 heures sur 24. La 2e année, il y a du monde que je connaissais, qui se sont rendus loin dans le processus. J'ai commencé à me dire qu'admettons que je ne l'essayerais pas, j'allais peut-être le regretter. »

Il affirme que de participer à l'émission a été essoufflant, mais il ne le regrette pas. « Pendant que je le faisais, on était tellement fermés, qu'on n'était vraiment pas conscients de l'ampleur [...] On était mis à l'écart peut-être pour notre propre bien », croit-il.

Et malgré sa réticence initiale à vivre devant les caméras, il a accepté cette réalité. « J'avais tout le temps conscience [des caméras]. Je disais en joke que j'étais toujours en mode " belle-mère " où je surveillais mon langage », blague-t-il.

Heureux de l'expérience qu'il a vécue, il ne s'étonne pas de n'avoir pas remporté l'édition de Star Académie à laquelle il a participé. « Je n'étais pas là pour [la compétition]. J'étais là pour vivre le trip », dit-il en toute honnêteté.

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