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Abitibi-Témiscamingue : La gestion de l'offre s'invite dans la campagne électorale

Le dossier de la gestion de l'offre refait surface dans l'actualité pendant les élections fédérales, alors que les candidats du Nouveau Parti démocratique, du Parti libéral et du Bloc québécois de la circonscription Abitibi-Témiscamingue dénoncent le fait que le Parti conservateur refuse de s'engager à protéger le système dans son intégralité. 

Pour le bureau régional de l'Union des producteurs agricoles (UPA), le système de gestion de l'offre a fait ses preuves dans une région comme l'Abitibi-Témiscamingue. Le président régional soutient que ce système assure la viabilité des productions locales.

Un système nécessaire, dit l'UPA

« Exemple. Les coûts de transport. Peu importe la distance qu'un producteur est d'une usine de transformation, il va avoir le même coût de transport pour son produit qui est le lait, explique Sylvain Vachon. [Donc] s'il n'y a[vait] pas de gestion de l'offre, [s'il n'y avait pas] cette régulation-là, est-ce qu'une usine de Saputo qui est à Saint-Hyacinthe aurait de l'intérêt à venir chercher du lait en Abitibi-Témiscamingue? Poser la question, c'est d'y répondre. C'est un système qui a fait ses preuves. Et on a été capables de le faire dans le passé, de défendre ce système-là, ça veut dire qu'on est encore capable de le faire, si on le veut! »

NPD et PLC surfent sur la Foire gourmande

Tant la députée sortante et candidate pour le Nouveau Parti démocratique (NPD), Christine Moore, que la candidate libérale Claude Thibault ont profité de la tenue de la 14e édition de la Foire gourmande de l'Abitibi-Témiscamingue et du nord-est de l'Ontario cette fin de semaine, à Ville-Marie, pour ramener le dossier sur la table, par voie de communiqué.

« Ce que je reproche au Parti conservateur, c'est de faire en sorte de ne pas être clair, d'insécuriser les gens au niveau de la gestion de l'offre », lance d'emblée la néo-démocrate Christine Moore, qui a annoncé sur les réseaux sociaux que, contrairement à son habitude, elle ne pourra être de la Foire gourmande cette année puisqu'elle doit donner naissance à son premier bébé dans les prochaines semaines.

« Je crois qu'il devrait sécuriser les gens au niveau de la gestion de l'offre, poursuit-elle. Je crois qu'il devrait dire que la gestion de l'offre n'est pas sur la table et il refuse de le dire. Donc ça laisse à penser qu'il serait prêt à sacrifier la gestion de l'offre pour obtenir un accord et malheureusement, on a vu par le passé que dans les accords de libre-échange le Parti conservateur n'est pas nécessairement le meilleur négociateur donc c'est sûr que ça me fait très peur. »

Pour la candidate libérale Claude Thibault, le Parti conservateur devrait puiser dans l'expérience européenne pour protéger les producteurs canadiens. « Si on voit présentement ce qui se passe en Europe, depuis avril, la gestion de l'offre a été abolie en France et il y a plus de 10 % des fermes qui ont fait faillite, rappelle-t-elle. Donc c'est doublement une raison pour nous de s'opposer à quoi que ce soit en ce qui a trait à la gestion de l'offre. Et lorsque je vais être élue à titre de députée de la région, je vais défendre ce dossier bec et ongles, pour qu'il n'y ait absolument rien qui soit laissé sur la table à ce niveau. » 

Position conservatrice

À la fin juillet, des centaines de producteurs agricoles s'étaient rassemblés devant le bureau de Roberval du lieutenant politique de Stephen Harper au Québec, Denis Lebel. Ils souhaitaient que ce dernier, dans le cadre de la dernière ronde de négociations du Partenariat transpacifique à Hawaï, confirme le maintien intégral du système, ce que ce dernier a été incapable de faire. 

Le seul candidat conservateur dans la région jusqu'à maintenant, a dû se contenter de livrer le même message aujourd'hui. « Ce que je peux vous dire ce n'est pas nécessairement qu'on va le conserver [dans son] intégralité, a dit Steven Hébert, qui se présente dans Abitibi-Baie-James-Nunavik-Eeyou. Ce que je peux vous dire c'est qu'on va continuer de le défendre avec fermeté. Est-ce que ça va être intégral et tout ça? Ça c'est des détails qui sont dans les négociations, on verra. Ce n'est pas quelque chose qu'on peut confirmer à ce moment-ci. Mais je peux vous dire c'est qu'on va continuer à défendre la gestion de l'offre », a-t-il insisté.

Le Bloc pour le maintien de la gestion de l'offre

Le Bloc québécois soutient quant à lui qu'il a toujours défendu la gestion de l'offre et qu'il continuera de le faire. « La gestion de l'offre, c'est le petit dépanneur dans le village qui, il y a quelques années, avait peur de voir arriver le gros magasin américain, illustre le candidat Yvon Moreau. Le gros magasin américain est arrivé un jour, le dépanneur a fermé. C'est ce qui se passe actuellement. C'est pour ça qu'il faut protéger la gestion de l'offre. »

Le système de gestion de l'offre, implanté en 1970, vise à maintenir un équilibre entre l'offre et la demande, pour contrôler la fluctuation des prix des produits agricoles. Les négociations du Partenariat transpacifique ont échoué peu avant le déclenchement des élections. Ces négociations visent la signature d'un traité international de libre-échange impliquant 12 pays, dont le Canada, les États-Unis et le Japon.

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