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Abolition des référendums municipaux : réactions partagées en Abitibi-Témiscamingue

L'idée d'abolir les référendums municipaux suscite plusieurs réactions dans la région, et les avis sont partagés sur la question. Cette initiative survient dans le cadre du projet de loi 122 du gouvernement du Québec, qui fait présentement l'objet de débats en commission parlementaire.

« Essentiel à la démocratie »L'idée abolir les référendums municipaux ne fait pas l'unanimité en Abitibi-Témiscamingue, et certains s’y opposent. C'est le cas du conseiller municipal de Rouyn-Noranda, Philippe Marquis, qui juge que la mesure est essentielle au fonctionnement démocratique.

On pourrait resserrer les règles. On pourrait par exemple [exiger un seuil de demande de 20% ou 30% au lieu de 10%]. On peut changer ces modalités-là, parce que des fois il peut y avoir des aberrations, mais de là à éliminer la possibilité des citoyens d'intervenir, aussi bien ne pas avoir de gouvernement de proximité.

Philippe Marquis

Même son de cloche du côté du maire de Ville-Marie, Bernard Flébus, qui estime que la participation citoyenne doit être encouragée en dehors des périodes électorales.

« Ce n'est pas quelque chose qui est utilisé souvent, mais je pense que c'est extrêmement important de le laisser. Regardez en Suisse, ils font ce qu'on appelle des votations référendaires, et ce, régulièrement sur des grands enjeux qui touchent la population. On a beau être élu, je pense que c'est extrêmement important, de temps en temps, d'aller consulter nos citoyens », explique-t-il.

L’exemple de Rouyn-NorandaLe porte-parole régional pour Québec Solidaire, Guy Leclerc, s'explique mal que l'idée soit mise de l'avant. Guy Leclerc souligne qu'il s'agit d'un système essentiel pour la démocratie qui occasionne peu de répercussions en Abitibi-Témiscamingue.

« Si on élimine les référendums, par le fait même on atrophie dangereusement la démocratie. Dans le cas de Rouyn-Noranda, il y a eu des référendums. Il y en a eu deux dont on a entendu parler. Il semble qu'à Val-d'Or il n'y en a pas eu. À Val-d'Or, on dit qu'il n'y a pas de problèmes. Il n'y en a pas eu "donc ce n'est pas important". Justement, s'il n'y'en a pas eu, c'est quoi la raison d'abolir ça? », se demande-t-il.Des élus favorables au projetCertains élus accueillent favorablement le projet d'abolition des référendums municipaux. C'est le cas du maire de Val-d'Or, Pierre Corbeil, qui voit d'un bon œil l'abolition des référendums municipaux. Il estime notamment que le mécanisme en place n'est pas efficace pour assurer le développement des petites municipalités.

Ce qui est appelé à être mis en place, c'est une véritable démarche de consultation avant la prise de décision par un conseil municipal, et ça, c'est assez facile à faire.

Pierre Corbeil

Pour sa part, le maire de Rouyn-Noranda, Mario Provencher, se dit surpris de la réaction que suscite le projet de loi 122. Il estime qu’il a été énoncé dans l’espace public à maintes reprises dans les dernières années.

« Il y a eu des réflexions, il y a eu des forums, des consultations. Tout d’un coup, quand ça arrive en commission parlementaire on se dit surpris. Ça fait huit ans que je suis maire, et pourtant, ça fait huit ans que j’en entends parler », soutient-il.

La commission parlementaire sur le projet de loi 122 a débuté le 9 février 2017.

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