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André Tourigny chez les Huskies : fierté et identité

Capsule vidéo réalisée par Martin Guérin

« Je ne serais pas devenu un entraîneur de la LNH sans l'apport que Rouyn-Noranda a eu dans ma vie, c'est sûr », affirme catégoriquement André Tourigny. En 11 ans derrière le banc des Huskies, l'ex-entraîneur-chef et directeur général a atteint un calibre professionnel qui l'a propulsé dans les grandes ligues. Au cours de cette période, il a su inculquer à l'équipe une culture de fierté et un sentiment d'appartenance qui sont encore à la base de l'identité de l'organisation.

Un article de Félix B. Desfossés

Une équipe à rebâtir

À son arrivée avec les Huskies en novembre 2002, André Tourigny prenait les rênes d'un club en quête d'identité. Depuis les débuts de l'équipe, aucun entraîneur n'avait terminé un contrat avec les Huskies. Fraîchement arrivé de la Mauricie, où il entraînait le club midget AAA des Estacades de Trois-Rivières, André Tourigny avait tout un défi à relever.

Ouvrir l'équipe aux joueurs étrangers

Au mois de mai 2003, il devient également directeur général des Huskies. À ce titre, André Tourigny et ses acolytes sont arrivés à renouveler l'image de l'équipe en attirant des joueurs européens ainsi que les joueurs anglophones des Maritimes à Rouyn-Noranda, dont Mike Couch qui « a été un pilier, un tournant pour l'organisation ».

Couch est même devenu plus qu'un ambassadeur pour le club. Il est devenu citoyen de Rouyn-Noranda. Tombé en amour avec une femme d'ici, le joueur est revenu s'installer dans le secteur une fois sa carrière de hockeyeur terminée. Par la suite, plusieurs joueurs européens sont passés par les rangs des Huskies, dont Sven Andrighetto qui évolue maintenant avec le Canadien de Montréal, ou encore Timo Meier qui vient tout juste d'arriver.

« Tu ne peux pas jouer pour les Huskies si tu n'as pas cette fierté-là »

Comment l'entraîneur-chef a-t-il réussi à créer un tel attachement pour la ville et un tel engouement pour le club? Sa réponse est simple. « C'est ça que ça prenait pour gagner, pour être une franchise différente : c'est le sentiment d'appartenance, de fierté. On se l'est posée la question : comment on fait? Il n'y a pas une recette magique, ce n'est pas une transaction, ce n'est pas acheter quoi que ce soit. C'est dans nos actions de tous les jours. Dans la façon dont on parle de l'équipe, dont on parle de la ville, dont on parle de nos pensions, dont on parle de l'organisation », soutient-il. La rigueur et la discipline avec lesquelles André Tourigny a appliqué ces principes joue aussi probablement pour quelque chose dans son succès.

De la LHJMQ, au niveau mondial, à la LNH

La passion et l'acharnement au travail ont fini par payer pour M. Tourigny. Il décroche le trophée Ron-Lapointe d'entraîneur-chef de l'année dans la LHJMQ lors de la saison 2005-2006. Il mène les Huskies à la finale de la Coupe du président en 2007-2008. En 2009, il est nommé entraîneur adjoint d'Équipe Canada chez les moins de 18 ans. Puis il occupe le même poste avec Équipe Canada chez les 20 ans et moins de 2010, 2011 et 2013.

En 2013, André Tourigny fait un bond spectaculaire en étant nommé entraîneur adjoint de Patrick Roy derrière de la banc de l'Avalanche du Colorado dans la Ligue nationale de hockey. En 2015, il obtient le poste d'entraîneur adjoint chez les Sénateurs d'Ottawa.

Malgré tout, M. Tourigny garde un lien serré avec les Huskies. « Je me dis le gardien de la culture, mais, dans le fond, je suis un partenaire pour Gilles [Bouchard]. Toutes les semaines, j'ai un conference call avec Gilles, Mario Duhamel et Yannick Dumais [...] On parle de hockey, mais dans le fond, ce n'est pas tant que ça de hockey, c'est de culture. Pour moi, il y a une chose qui est très importante, c'est que les Huskies, c'est un club qui est fier, c'est un club de travaillants. Et ça, ça ne changera pas.

Samedi le 30 janvier 2016, les Huskies rendaient un vibrant hommage à André Tourigny.

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