Retour

Arnaud Warolin dépose une plainte contre Bernard Flebus au ministère des Affaires municipales

Le Témiscamingue a une nouvelle représentante à la Conférence des préfets de l'Abitibi-Témiscamingue. La mairesse de Témiscaming, Nicole Rochon, va occuper le siège du maire de Ville-Marie, Bernard Flebus, qui a été destitué à la demande du préfet Arnaud Warolin. Un vote à bulletins secrets a été organisé, hier soir, lors de la réunion du conseil des maires. Par ailleurs, Radio-Canada a appris que le préfet de la MRC du Témiscamingue a déposé une plainte au ministère des Affaires municipales, contre le maire de Ville-Marie.

Avec les informations de Boualem Hadjouti

Selon Bernard Flebus, les commentaires qu'il a faits, il y a quelques jours, sur la Conférence des préfets n'ont pas plu au préfet. « M. Warolin m'a reproché à la séance du budget, la séance privée samedi dernier d'avoir commenté [quand] Sarah Charbonneau [la coordonnatrice de la Conférence des préfets de l'Abitibi-Témiscamingue] a démissionné. J'ai commenté - je pense en plus sur vos ondes - et je me suis ramassé comme un malpropre samedi », explique-t-il.

Le préfet, Arnaud Warolin, refuse de parler de destitution, mais préfère utliliser le mot remplacement. Selon lui, c'est le maire de Ville-Marie qui a fait part, samedi dernier, de son intention de se retirer des comités de la MRC où il siège. « Au cours des dernières semaines, il y a eu plusieurs interventions du maire de Ville-Marie pour critiquer l'instance posée par les préfets en disant qu'on n'allait nulle part, et ça, c'est des éléments, je crois [avec lesquels] il faut être respectueux, il faut travailler ensemble, il faut attendre un peu avant de dire que c'est un échec. Aujourd'hui, je veux aller de l'avant, je ne regarde pas, je ne veux pas faire de guerre avec M. Flebus. »

Plainte au ministère des Affaires municipales 

Arnaud Warolin a confirmé ce matin avoir déposé une plainte aux ministère des Affaires municipales au courant du mois de novembre, mais il refuse d'en dévoiler la nature. Le préfet explique qu'il ne veut pas aller en guerre contre le maire Bernard Flebus, mais qu'il a été obligé de le faire.

« Oui, c'est une plainte qui a été déposée au ministère des Affaires municipales, dans le but de nous aider, c'est un processus, il y a plusieurs outils, que ce soit des outils de médiation, des outils de formation, ou des réprimandes pour nous aider à trouver des solutions. Nous étions dans l'obligation légale de le faire, il y avait eu des actes que nous ne pouvions tolérer ... je ne peux pas vous en parler, mais je peux vous dire que c'était suffisamment grave pour avoir un impact légal sur la MRC, on a énormément consulté avant de faire ce geste-là », explique M. Warolin.

Le maire Bernard Flebus s'est dit surpris et déçu par ce geste. Il a été informé verbalement par le préfet de cette plainte, samedi dernier, en séance privée tenue à la MRC en présence des maires du Témsicamingue. Il affirme ignorer la nature de la plainte, mais il croit que c'est la conséquence de divergences qu'il a avec le préfet.

« Le message que je retiens de ça aujourd'hui, c'est que quand on pose trop de questions à la MRC de Témiscamingue, ce n'est pas bien vu par le préfet. Je dérange. Depuis 4 ans, on a beaucoup de divergences. Je pense que c'est sain pour la démocracie que tout le monde ne soit pas d'accord. Et, vous voyez, tout ce qui se passe au niveau de la politique de communication, le muselage, moi j'ai toujours été contre ces principes-là », affirme Bernard Flebus.

Budget adopté

Par ailleurs, les maires du Témiscamingue ont adopté, hier soir, le budget 2016 de la MRC, en baisse d'un peu plus de 140 000 $, comparativement à 2015. Le budget qui s'établit à 7 millions de dollars diminue essentiellement grace à la baisse des dépenses liées à la gestion des matières residuelles, estimées à près de 3 millions de dollars.

Ce budget profite aux municipalités qui voient leurs quotes-parts baisser d'un peu plus de 5 %. « Oui, on a encore moins d'argent. Il y a quand même de grands défis à relever, on doit malheuresement abandonner le soutien qu'on faisait à plusieurs types d'organisations. Notre marge de manoeuvre est nulle, mais en même temps, on a plus de latitude pour pouvoir soutenir des éléments essentiels à la croissance du territoire », souligne le préfet Arnaud Warolin.

Plus d'articles

Commentaires