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Autochtones et itinérance : la collaboration se poursuit à Val-d'Or

Selon une étude de l'Observatoire sur les profilages présentée à l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) vendredi matin, de meilleurs services sociaux et des assouplissements juridiques pourraient améliorer la situation des itinérants autochtones à Val-d'Or.

Le directeur général adjoint au Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Abitibi-Témiscamingue, Sylvain Plouffe, a pris connaissance du rapport de recherche. Il indique que de nouvelles démarches sont déjà en cours avec la Sûreté du Québec (SQ) pour améliorer les pratiques.

« On est en train de regarder avec les policiers de la Sûreté du Québec, présentement, le service de police communautaire qui a été annoncé, afin de voir de quelle façon on va travailler avec eux, et voir à ce qu’il y ait des gens 24h par jour avec les policiers, qui eux, peuvent faire une première intervention. Ceux-ci pourront relayer, par la suite, aux services existants. Que ce soit dans des services communautaires, ou au Centre intégré de santé et de services sociaux », indique-t-il.Une nette améliorationSelon le professeur-chercheur à l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) et président du conseil d'administration de La Piaule, Stéphane Grenier, les résultats de la recherche présentée vendredi matin ne sont pas surprenants.

Il souhaite d’ailleurs que les organismes publics et communautaires poursuivent leur collaboration qui s'est intensifiée depuis la dernière année.

Je pense que dans les dernières années, on a vu avec les services de proximité, entre autres, une nette amélioration – les chercheurs en font part, d’ailleurs, dans leurs conclusions. Il faut poursuivre dans ce sens-là.

Stéphane Grenier

Selon Stéphane Grenier, il est important de développer d’autres approches, mais aussi d’autres projets pouvant venir en aideaux personnes concernées. « Je pense entre autres à des projets de logement social ».Réponse policière contre-productiveLa recherche présentée par les professeures Céline Bellot et Marie-Ève Sylvestre révèle qu'un nombre « particulièrement élevé » de 3 087 constats d'infraction ont été donnés à 922 itinérants, et ce, en vertu d'un règlement municipal par des policiers de la Sûreté du Québec entre le 1er janvier 2012 et le 1er mars 2015 à Val-d'Or. 76% de ces constats étaient dédiés à des autochtones qui risquent sous peu d'être emprisonnés pour le non-paiement de leurs contraventions.

La vice-doyenne à la recherche et aux communications à la faculté de droit de l'Université d'Ottawa, Marie-Ève Sylvestre, considère que les policiers ne devraient être les principaux acteurs à intervenir auprès des personnes en situation d'itinérance. Selon elle, les problèmes sociaux et les problèmes dans l’espace public qui sont manifestes ne sont pas niés.

Par contre, ce que l’on dit, c’est que la réponse policière est contre-productive. Elle va nuire à la réinsertion sociale de ces personnes, elle va nuire aux efforts qui sont mis en place par les intervenants et va être inefficace puisqu’elle ne réglera pas le problème.

Marie-Ève Sylvestre

Selon la chercheure, la réponse policière actuelle ne fait que déplacer le problème ou le reporter dans le temps.

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