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Beyries à Quartiers d'hiver : piano, fragilité et résilience

Beyries offrira ce soir une prestation en première partie de The Wainwright sisters en ouverture de l'édition hivernale du Festival de musique émergente d'Abitibi-Témiscamingue, Quartiers d'hiver. Les quelques extraits musicaux disponibles sur Internet ont permis aux plus curieux de découvrir le folk fragile et touchant de cette artiste qui semble sortir de nulle part. Elle débute effectivement à peine. Son parcours de vie difficile, même tragique, offre toutefois une profondeur peu commune à sa musique. Elle offre sa première entrevue en carrière au public d'ICI Abitibi-Témiscamingue.

Avec les informations de Josée Hardy Paré TwitterCourriel

Le piano de sa mère

Malgré qu'elle soit en début de carrière musicale, Beyries a 36 ans. Elle a posé ses doigts sur un piano pour la première fois il y a plusieurs années. À vrai dire, la musique a toujours été présente dans sa vie, du plus loin qu'elle se souvienne.

« Chez nous on avait un piano à queue. Ma grand-mère était une pianiste amateur. Elle avait acheté un beau piano sur lequel elle jouait du Beethoven, du Mozart, du Schubert. Comme la tradition la familiale, chez les Soeurs, les filles apprennent le piano, le violon. Ma grand-mère, c'est ce qu'elle avait fait, donc sa famille, ma mère, elle avait fait la même chose, donc ce sont des femmes qui ont fait 14, 15, 16 ans de piano classique », raconte Beyris.

Une carrière loin de la musique

Elle a au bout d'un moment mis le piano de côté et passé à la guitare, autour de 13-14 ans. Vint plus tard le cégep et la réflexion sur son avenir. Elle devait se choisir une carrière, faire des études sérieuses. Elle a donc mis la musique de côté et s'est dirigée dans le domaine des communications. Elle a terminé ses études et s'est mise à travailler dans le domaine des relations publiques, du cinéma et de la publicité.

Il faut également savoir que vers l'âge de 20 ans, sa mère qui possédait le piano familial a dû s'en départir parce qu'elle déménageait dans un plus petit espace. Beyries n'a pas voulu se départir de l'instrument familial et a toujours trouvé un lieu où le stocker le temps qu'elle ait l'espace chez elle pour le reprendre.

Ce n'est que plusieurs années plus tard que l'artiste a renoué avec le piano et qu'elle s'est remise à composer, pour le plaisir, en marge de sa carrière dans un milieu où tout va très vite. Tout ça sans jamais avoir la volonté de faire une carrière en musique, en se répétant que ce n'était tout simplement pas une option.

Soldier, dans l'adversité

Il y a moins de 10 ans, plusieurs épreuves sont survenues dans la vie de Beyries alors qu'elle avait à peine trente ans ; le décès de sa mère d'abord et l'apparition d'un premier cancer à l'âge de 29 ans.

Les années qui ont suivi ont été difficiles pour l'auteur-compositeur interprète qui a navigué dans des eaux troubles. Elle se porte mieux aujourd'hui, mais ces épreuves-là l'ont évidemment marquée, profondément transformée.

Et c'est au cours de cette période très sombre, où elle se trouvait seule dans sa maison de campagne qu'elle a composé la pièce Soldier sur le piano de sa mère. Chanson qu'elle a enregistrée sur son iPhone et qu'elle a envoyée à un ami musicien qui lui a immédiatement proposé d'enregistrer une première version de celle-ci.

C'est pendant sa bataille contre un deuxième cancer que l'inspiration est à son comble, elle fait la rencontre de sa gérante actuelle qui la convainc d'envoyer ses chansons à des gens influents du milieu qui eux, ne sont pas du tout au courant que Beyries fait de la musique.

Dans l'adversité, devant les problèmes financiers qui viennent avec le fait de devoir se faire soigner, de ne pas pouvoir travailler, la seule chose dont elle ne s'est pas départie, c'est le piano de sa mère. Comme si la musique avait toujours marché à ses côtés, en attendant patiemment qu'elle décide de lui prendre la main pour qu'elle se lance là-dedans à pieds joints parce que c'est là qu'elle doit être.

Quartiers d'hiver

Aujourd'hui, elle nous présente son spectacle en ouverture de Quartiers d'hiver. Le public peut s'attendre sauf peut-être à une belle rencontre avec une artiste sincère, qui crée des mélodies accrocheuses et qui chante merveilleusement bien.

 

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