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Bois d'oeuvre : les entreprises forestières de la région décrient la compétition déloyale

Des compagnies forestières qui oeuvrent sur le territoire de l'Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec dénoncent les droits compensateurs imposés par les États-Unis dans le dossier du bois d'oeuvre. Selon elles, les taux de taxes qui sont variables d'une entreprise à l'autre vont créer une compétition déloyale.

D'après les informations de Jean-Marc Belzile

Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette, a qualifié la décision des Américains d'imposer une surtaxe d'environ 20 % sur les exportations canadiennes de bois d'oeuvre de « décevante, d'inacceptable et de déraisonnable ». Lors d'une conférence de presse mardi après-midi, le gouvernement du Québec a annoncé la mise sur pied d'un programme de soutien aux 200 entreprises touchées par la surtaxe imposée par Washington sous forme de prêts et de garanties de prêt sur une base commerciale.

« Le travail que notre gouvernement du Québec a fait, c'est pour protéger les 60 000 emplois parce que tout est intrinsèquement lié, indique le ministre, qui est aussi responsable de l'Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec. Donc, les 60 000 travailleurs et travailleuses qui représentent 60 000 familles dans 220 municipalités qui sont touchées parce qu'il y a présence de l'industrie forestière. »

Deux poids, deux mesures

La compagnie Produits forestiers Résolu est la seule compagnie qui oeuvre au Québec à devoir payer des droits compensateurs de 12 % aux États-Unis. Pour toutes les autres, le seuil sera de 20 %. Le porte-parole de Chantiers Chibougamau, Frédéric Verreault s'explique très mal cette variation.

« On n'arrive pas à comprendre qu'une entreprise qui récolte du bois dans le même secteur que nous, selon les mêmes règles du jeu, qu'elle soit taxée à 12 % et que dans notre cas on soit taxés à 20 % », plaide-t-il.

Le dur coup de la rétroactivité

Les droits compensateurs sont aussi rétroactifs au 1er février, sauf pour quatre entreprises dont Résolu. Cette rétroactivité représente entre 10 et 15 millions de dollars pour l'entreprise Eacom, selon la directrice des affaires publiques, Christine Leduc.

« Certainement, ce 20 %, c'est en ligne avec ce à quoi on s'attendait, indique-t-elle. Ça fait longtemps qu'on se prépare pour faire face à ces taux. Nous, ce qui nous a vraiment déçus, c'est la décision du département du commerce par rapport à la rétroactivité. »

Bien que Produits forestiers Résolu semble bénéficier d'un avantage au Québec, son porte-parole, Karl Blackburn, déplore aussi cette décision et dit ne pas comprendre pourquoi il existe une variation des taux selon les entreprises. Tembec souhaite quant à elle analyser davantage cette décision et réagira uniquement la semaine prochaine.

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