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Budget fédéral 2016 : un accueil positif en Abitibi-Témiscamingue

Infrastructures, communautés autochtones et logement social sont autant de secteurs, en Abitibi-Témiscamingue, qui pourraient bénéficier de mesures comprises dans le budget fédéral 2016 déposé mardi après-midi. Ce premier budget Morneau est accueilli favorablement dans la région.

Municipalités et infrastructures

Le budget 2016 du gouvernement fédéral prévoit des investissements de 120 milliards de dollars sur 10 ans, dont 4 milliards cette année, dans les infrastructures. Marcel Jolicoeur, président de la Chambre de commerce de Val-d'Or, croit qu'il s'agit d'une mesure qui donnera un bon coup de pouce à l'économie. « C'est très positif », dit-il.

Pierre Corbeil, maire de Val-d'Or, demeure prudent. « C'est 65 milliards de plus que le précédent budget, donc, oui, il y a probablement là-dedans des sommes intéressantes, mais l'expérience m'a appris que le diable se cache dans les détails. On a les grands titres, mais il va falloir regarder les annexes pour voir comment ça va se décliner au cours des prochaines années », souligne-t-il.

Au Témiscamingue, le maire de Ville-Marie, Bernard Flebus, remarque qu'une part de ces sommes seront retenues pour les infrastructures vertes, notamment en traitement des eaux usées. « Je suis très content parce que le Québec vient de nous planter une nouvelle norme sur les rejets de phosphate, donc ça va extrêmement bien cadrer dans ce budget-là », affirme-t-il.

Premières Nations

Aux communautés autochtones du Canada, 8,4 milliards de dollars seront consacrés sur 5 ans, notamment pour des logements, l'accès à l'eau potable et l'éducation.

Pierre Corbeil juge que cette mesure a « du coffre » et pourra aider à améliorer la qualité de vie de toutes les communautés autochtones de l'Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec. Bien qu'il précise qu'on ne peut encore crier victoire, le maire Corbeil pense « que ça va probablement se traduire par du logement dans les communautés et qui sait, peut-être, la solution du problème de la communauté de Kitcisakik, entre autres. »

Trois communautés autochtones se trouvent dans le secteur du Témiscamingue. « Je trouve que c'est un bon signal pour eux, d'aller collaborer avec le gouvernement, parce que souvent, c'est des communautés, les Premières Nations, qui sont laissées pour compte », fait valoir de son côté Bernard Flebus.

Carole Lévesque, anthropologue, spécialiste des questions autochtones, estime que ce budget devra en priorité être consacré à éradiquer la violence dans les communautés, notamment contre les femmes autochtones, disparues ou assassinées.

Ghislain Picard, chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, affirme que les sommes allouées ne sont pas aussi élevées que ce à quoi il s'attendait, mais accueille tout de même positivement le budget.

« Lorsqu'on regarde la campagne électorale, les discussions par la suite et les engagements du gouvernement Trudeau, c'est clair que les budgets consentis ne sont pas à la hauteur des promesses, déplore M. Picard, mais enfin, c'est quand même un bon départ. Ça vient combler le fossé qu'on entretient depuis une dizaine d'années sous l'ère Harper. En souhaitant que, là où il y a des manques à gagner, qu'on puisse un peu entretenir la relation avec le gouvernement de M. Trudeau. »

Tout savoir sur le budget fédéral

Logement social

En termes de logement social, Bruce Gervais coordonnateur de l'Association des locataires de l'Abitibi-Témiscamingue (ALOCAT), semble satisfait. « Il y a tout à fait une lueur d'espoir, c'est ce qu'on peut en dire [...] 2,3 milliards de dollars sur 2 ans, c'est a priori une bonne nouvelle. Il va falloir comprendre, savoir comment est-ce qu'on va appliquer ces montants-là pour que ça se concrétise en logement social », nuance-t-il toutefois.

Et les PME?

Une ombre au tableau peut-être pour les petites entreprises. Leur taux d'imposition a été réduit légèrement de 11 % à 10,5 % alors que le gouvernement précédent avait promis une baisse allant jusqu'à 9 %. Cette mesure pourrait-elle avoir un effet négatif sur l'économie? Non, pense Marcel Jolicoeur de la Chambre de commerce de Val-d'Or. « Idéalement, ça serait de le baisser, mais on ne peut pas tout avoir », commente-t-il.

Pas d'inquiétude pour le déficit

D'ailleurs, selon M. Jolicoeur, le déficit de 29,4 milliards de dollars prévu cette année n'est pas inquiétant.

Christine Moore soulève plusieurs questions

La députée néo-démocrate d'Abitibi-Témiscamingue, Christine Moore, se dit déçue des mesures proposées dans le premier budget du gouvernement Trudeau. Selon elle, les attentes étaient hautes et beaucoup de promesses réalisées en campagne électorale n'ont pas été tenues.

Malgré un changement de ton radical par rapport à l'ancien gouvernement Harper, la députée se demande comment le gouvernement actuel compte investir les sommes annoncées dans le budget 2016-2017. « Il s'agit de savoir si tout cet argent-là va vraiment être accessible. Comment on va l'utiliser? Est-ce que ça va être utilisé de manière efficace? Ou au final, ça ne se conclura pas sur les projets précis, sur des améliorations concrètes dans la vie des gens », se demande-t-elle.

Christine Moore déplore le manque d'engagement sur divers plans, entre autres en ce qui a trait au rétablissement du service postal à domicile, à la permanence du crédit d'impôt pour l'exploration minière ou encore à l'amélioration du réseau cellulaire. Elle souligne d'ailleurs que l'amélioration des services par téléphone de l'Agence de revenu du Canada ne ramènera pas la qualité des services au comptoir, qui ne sont plus offerts à Rouyn-Noranda depuis octobre 2012.

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