Le budget du ministre des Finances, Carlos Leitão, déposé jeudi après-midi, comprend plusieurs mesures dont pourraient bénéficier les régions, mais ne fait pas le bonheur de tout le monde en Abitibi-Témiscamingue.

Par rapport à l'an dernier, le budget des ministères de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur progresse de 3 %, passant de 16,8 milliards à 17,2 milliards. L'an passé, la hausse avait été limitée à 1,3 %.

Québec investira aussi 200 millions de dollars de plus cette année pour rénover des écoles, construire des gymnases et des installations sportives ainsi que réduire l'empreinte environnementale des établissements scolaires, ce qui porte les investissements en infrastructures en éducation à 2,2 milliards de dollars pour 2016-2017. Cependant, les investissements dans ces infrastructures diminueront à 2,1 milliards dès l'an prochain et à 1,6 milliard en 2018-2019.

Soupir de soulagement en éducation

Pour le directeur général du Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue, le troisième budget du ministre des Finances annonce des « jours meilleurs » pour le milieu de l'éducation. Soulagé par la fin des compressions, Sylvain Blais salue entre autres l'introduction du programme de mobilité étudiante et les sommes additionnelles allouées  à l'international. 

La rectrice de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), Johanne Jean, abonde dans le même sens que son collègue. Elle estime que le retour de l'Éducation comme priorité nationale était une nécessité. Selon elle, en plus de ne pas devoir faire face à de nouvelles compressions, l'investissement de 700 millions de dollars dans les infrastructures assure un répit aux établissements d'enseignement.

« L'autre bonne nouvelle, c'est qu'on va couvrir les coûts de système, en tout cas c'est l'information qu'on décode, qu'il va y avoir une augmentation [qu'on évalue] à environ 2,5 %. Ça aussi c'est une bonne nouvelle, parce qu'à partir du moment où l'on ne couvre pas les coûts de système, ce sont des compressions budgétaires auxquelles on doit faire face. Donc cette année, on va préparer nos budgets en se disant que l'on n'a pas de compressions. »

Les agriculteurs de la région déçus

Les agriculteurs de la région ne sont pas aussi optimistes à l'égard du budget déposé par le ministre des Finances.

Même si le document annonce 45 millions de dollars sur les cinq prochaines années en soutien au secteur de l'agriculture et de la transformation alimentaire - dont 5 millions de dollars pour la recherche en transformation alimentaire, 25 millions pour le programme d'appui au positionnement des alcools québécois et 5 millions pour l'encadrement de l'industrie des boissons alcoolisées québécoises -, le président de l'Union des producteurs agricoles de l'Abitibi-Témiscamingue, Sylvain Vachon, se dit déçu de ces timides mesures et doute de leur impact dans la région.

« Si c'est une bonne affaire d'investir dans des rabais d'électricité, des alumineries pour créer des jobs dans quelques villes au Québec, dans le multimédia pour créer des jobs à Montréal, ça doit aussi être une bonne affaire d'investir en agriculture, dans la sécurité du revenu, plaide M. Vachon. Ça va créer des jobs pas juste à Montréal, pas juste à Québec, mais ça crée des jobs partout au Québec, dont en Abitibi-Témiscamingue. [...] La meilleure manière de stimuler l'économie des régions, c'est d'investir dans l'agriculture de métier. »

Tout savoir sur le budget du Québec

Le secteur minier rassuré

Au cours des cinq prochaines années, la Société du Plan Nord bénéficiera d'une enveloppe de 450 millions de dollars, dont 175 millions cette année, pour la mise en œuvre du Plan Nord.

Toujours dans le secteur minier, le budget Leitão prévoit par ailleurs un investissement de 620 millions de dollars sur six ans pour la mise en œuvre d'un plan d'accélération de la restauration des sites miniers abandonnés. L'Association minière du Québec (AMQ) salue cette mesure. « Pour ce qui est du passé, le gouvernement a annoncé aujourd'hui que le gouvernement accélérait les travaux de réhabilitation des sites miniers abandonnés et nous on salue ça notamment parce que ça va permettre de maintenir l'emploi dans les régions au moment où l'on est dans un cycle baissier », fait valoir le porte-parole de l'AMQ, Mathieu St-Amant.

L'Association d'exploration minière du Québec (AEMQ) constate pour sa part qu'avec ce budget, le gouvernement reconnaît l'importance des activités d'exploration minière ainsi que leur contribution à l'économie.

Rénovation du parc immobilier de Kitcisakik

Par ailleurs, le gouvernement du Québec s'engage à terminer la rénovation de l'ensemble des maisons de la communauté algonquine de Kitcisakik. Il consacrera à cet effet 2 millions de dollars sur cinq ans. L'argent permettra de terminer la restauration de 55 maisons sur un total de 90 habitations.

Le secteur forestier satisfait

L'industrie forestière reçoit une partie de l'aide qu'elle sollicite depuis quelques années de la part du gouvernement.  Québec va investir 230 millions de dollars sur cinq ans afin de soutenir le secteur.

Le président directeur général du Conseil de l'industrie forestière, André Tremblay, est optimiste.

Le gouvernement mettra en place un programme pour rembourser les coûts de construction et d'entretien des chemins d'accès, dont un montant annuel de 48 millions de dollars sur cinq ans est prévu au budget.

Le président du conseil d'administration de l'Association forestière de l'Abitibi-Témiscamingue, Alain Shink, estime qu'il s'agit d'un espoir de relance de l'industrie.

Les montants seront répartis entre les régions, entre autres, selon les volumes de bois dont elles disposent.

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