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Camouflage d'accidents dans l'industrie minière : les syndicats inquiets

Le camouflage d'accidents de travail dans les mines inquiète les syndicats. Selon eux, les stratégies pour dissuader les déclarations d'accidents de travail sont trop courantes.

Un texte d'Émélie Rivard-Boudreau

Hier, Radio-Canada révélait que des travailleurs de Forage Orbit Garant s'inquiétaient pour leur santé et sécurité au travail. Certains d'entre eux disaient aussi avoir été illégalement dédommagés par leur employeur.

Syndiqués ou pas, les travailleurs qui se font payer illégalement des traitements de physiothérapie sans que leurs blessures ne soient déclarées à la Commission des normes, de l'équité de la santé et de la sécurité au travail (CNESST) sont nombreux, selon le président du syndicat des Métallos à la mine Westwood, André Racicot.

« C'est pratique courante, ce n'est pas seulement chez Orbit Garant, il y a plusieurs employeurs qui font ça », affirme-t-il.

Selon André Racicot, la CNESST connaît le problème.

« Ce n'est pas d'hier! Nous, au syndicat local, on a déjà fait une plainte. L'entreprise payait les soins de physiothérapie, parce que, en réalité, ça coûte moins cher de faire ça pour l'entreprise », ajoute-t-il.

Absence de plaintes

Selon le responsable des communications pour la CNESST, Yvon Grégoire, les plaintes sur cette pratique sont quasi inexistantes.

Il rappelle que les travailleurs doivent déclarer leurs accidents.

Jours sans accident et primes de rendement

Le président du Conseil central de l'Abitibi-Témiscamingue - Nord-du-Québec pour la CSN, Donald Rheault, a le même discours. Il s'oppose également aux récompenses données pour le nombre de jours sans accident, qui dissuadent les dénonciations, selon lui.

« On fait des petits concours dans les milieux de travail puis à la fin du mois, ils font un tirage. Je pense que c'est eux autres qui se tirent dans le pied quand ils font ça », souligne Donald Rheault.

Les primes de rendement sont un autre incitatif qui pousse les mineurs à mettre en jeu leur sécurité au travail. C'est un constat qui est ressorti d'une étude de l'anthropologue Sylvain Beaupré, de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue.

En 2016, au Québec, 581 accidents de travail ont été répertoriés dans le secteur minier.

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