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Canadian Malartic : le « Guide de cohabitation » et les propos du maire critiqués par le Comité de citoyens de la zone sud de la voie ferrée 

Des représentants du Comité de citoyens de la zone sud de la voie ferrée de Malartic ont présenté une analyse détaillée du « Guide de cohabitation » proposé le 1er septembre dernier par la minière Canadian Malartic. Ils ont aussi fait une mise au point des recours juridiques déposés à la Cour supérieure du Québec en août 2016.

Avec les informations d'Émilie Parent-Bouchard

Le maire attaqué

Le Comité de citoyens de la zone sud de la voie ferrée voulait désirait rencontrer les médias cet après-midi ainsi que les citoyens ce soir pour faire le point sur deux dossiers.

D'abord, le comité souhaitait revenir sur les propos de Martin Ferron, maire de Malartic, qu'ils accusent de ne pas défendre les intérêts de tous les citoyens de Malartic de manière équitable. C'est pourquoi, disent-ils, ils ont embauché des avocats. Ils jugent que les citoyens les plus impactés par les activités de la minière ne sont pas défendus adéquatement.

« Ils demandent au maire, M. Martin Ferron, de jouer son rôle de maire en jouant un rôle de conciliateur pour harmoniser la cohabitation à Malartic et non pas en encourageant la division. D'ailleurs, ils sollicitent une rencontre avec le maire au cours des prochains jours pour s'expliquer et pour essayer de voir quelles sont les pistes de solutions pour la suite », résume Ugo Lapointe de la Coalition Québec meilleure mine et de Mining watch Canada.

De son côté, Martin Ferron est catégorique. Selon lui, ces discussions ont déjà eu lieu et c'est le comité de citoyens qui a choisi de se retirer. Il se défend par ailleurs de ne pas agir dans l'intérêt de l'ensemble de sa communauté.

« Ils ont toujours été invités à venir à la table de travail, à venir travailler avec nous autres, à venir à toutes les séances, affirme le maire Ferron. Ils ne se sont jamais présentés, mais publiquement ils disent qu'on ne veut pas leur parler, qu'on ne veut pas communiquer. On a tout fait ça. Un moment donné il faut arrêter à quelque part. Et là on a arrêté un guide, on a déposé ça publiquement. On a fait le travail qu'on avait à faire, on considère qu'on l'a fait pour l'ensemble des citoyens, on ne travaille pas aux cas particuliers. C'est une municipalité ici, on travaille pour tout le monde, mais il y a toujours des gens qui ne sont pas satisfaits dans un dossier. »

Critique du « Guide de cohabitation »

En deuxième lieu, le comité et Mining watch Canada ont analysé que le « Guide de cohabitation » proposé par la minière comporte des lacunes et que les offres actuelles ne sont ni justes ni équitables. Le programme de rachat des propriétés est le principal point d'achoppement. Selon le comité, accepter le rachat à la valeur marchande équivaut à s'endetter pour retrouver une maison de taille et de qualité comparables. Ils préféreraient que leurs propriétés soient rachetées à une valeur de remplacement, disent-ils, pour jouir du même bien ailleurs.

Des compensations injustes?

Selon eux, les compensations demeurent injustes et équitables par rapport au niveau de nuisance qu'ils disent subir. Le taux de compensation proposé par la minière est de 900 $ par personne par année à l'heure actuelle. Afin d'appuyer son point, le comité a expliqué que Le petit train du Nord, dans les Laurentides, est allé jusqu'à compenser la population subissant des nuisances à la hauteur de 1200 $ par citoyen, par année, pour des nuisances jugées de moindre importance.

Un juge devra-t-il trancher?

Puisque le « Guide de cohabitation » est présentement sur la table, le Comité de citoyens de la zone sud de la voie ferrée implore Canadian Malartic d'entendre les citoyens devant un juge de manière à ce que les discussions puissent être encadrées selon les règles de la loi en vigueur.

« Ça fait 44 ans que je suis là, je suis avec mon épouse, je pense finir mes jours-là. Il y a un voisin qui vient s'installer dans ma cour et qui commence à causer des problèmes de poussière, de bruit, de tout ce que tu voudras. Il y a des recours juridiques pour des cas comme ça. Si tu ne veux pas régler ton problème mon ami à côté, on va prendre des recours pour ça. C'est exactement ce qui est arrivé. Il y a une mine qui est venue s'installer dans ma cour et c'est moi qui doit se défendre, prouver que c'est la minière qui me cause des torts », illustre Louis Trottier, porte-parole du Comité de citoyens de la zone sud de la voie ferrée.

Par courriel, la mine Canadian Malartic dit vouloir régler les dossiers de compensations sans qu'ils ne soient judiciarisés. Elle mentionne aussi avoir entamé des discussions avec les autorités gouvernementales pour que les personnes qui reçoivent des prestations d'aide sociale ne voient pas le montant de ces prestations revu à la baisse en raison des compensations qu'elles recevraient de la mine.

Elle note finalement que plus d'un ménage sur cinq, soit 22 % des ménages du quartier sud, se sont déjà inscrits au Programme de compensation, une proportion qui s'élève à plus d'un ménage sur quatre, soit 27 % au nord de la voie ferrée.

Ces points ont été présentés à la population lundi soir au Théâtre MegLab de Malartic.

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