Retour

Cannabis : « Ça va être Val-Dope », s’inquiète la chef de Lac-Simon

La chef de Lac-Simon, Adrienne Jérôme, s'oppose à la possible venue d'une succursale de la Société québécoise du cannabis (SQDC) à Val-d'Or.

Avec les informations de Lise Millette et Thomas Deshaies

Les démarches en vue d'ouvrir une première succursale d'un point de vente de la Société québécoise du cannabis à Val-d'Or sont peut-être embryonnaires, mais elles suscitent déjà de vives réactions, notamment du côté de Lac-Simon.

La chef du Conseil de la Nation Anishnabe de Lac-Simon, croit que de telles discussions sont précipitées et elle déplore que le Conseil municipal de la Ville de Val-d'Or ne l'ait pas consultée.

« La réconciliation, je ne la vois pas là-dedans. On ne nous a même pas consultés, nous les communautés environnantes. Il sait qu'on a de gros problèmes avec nos jeunes avec la consommation. Ce n'est pas fort », a dénoncé Mme Jérôme.

Sans consultation et sans discussion préalable, Adrienne Jérôme croit que le maire de Val-d'Or se heurtera à une forte opposition, notamment de la communauté.

Un débat sensible

Le débat sur la légalisation du cannabis échoue le test du dialogue avec les Premières Nations, poursuit Mme Jérôme.

Les inquiétudes sont grandes, notamment sur le territoire de Lac-Simon, où les problèmes de toxicomanie font l'objet d'intenses efforts pour éloigner les jeunes de la consommation. Pour la chef, le maire de Val-d'Or devrait y penser à deux fois.

« Déjà qu'il y a plein de problèmes de consommation dans la Ville de Val-d'Or. La légalisation, on n'est pas prêt à la prendre. La ville non plus n'est pas prête à mettre un point de vente quelque part. Il y a devra faire beaucoup d'éducation avant de le faire », soutient Mme Jérôme.

Cette préoccupation est partagée par le chef de Kitcisakik, Régis Pénosway. « Je vais rester à l'affût », souligne-t-il.

Corbeil se veut rassurant

Le maire de Val-d'Or, Pierre Corbeil, rétorque qu'il ne s'agit pas d'un projet de la municipalité.

« Pour le moment, on est plus dans le domaine d'exploration de la faisabilité d'un projet, souligne-t-il. Alors, on n'a pas pensé faire de consultation parce que ce n'est pas nous autres qui allons installer un comptoir de cannabis. »

Pierre Corbeil tient toutefois à tempérer les craintes.

« On ne se mettra pas la tête dans le sable, ajoute-t-il. Le marché noir comble tous les besoins en matière de consommation de substance illicite et je pense que de détourner ce marché vers un marché public, c'est probablement une voie intéressante en termes de récupérer des sommes d'argent importantes », croit le maire de Val-d'Or.

Aucune signature de bail

À la Société des alcools du Québec, le responsable des relations de presse, Mathieu Gaudreault, assure qu'aucune décision n'a encore été prise et qu'aucun bail n'a été signé.

Si les échangent progressent bien et qu'un consensus se dégage pour les villes de Trois-Rivières, Drummondville, Lévis et Montréal, les endroits où seront implantés les autres points de vente n'ont pas été désignés.

La SAQ confirme qu'il y a eu des discussions avec le maire de Val-d'Or, Pierre Corbeil, mais que rien n'a été décidé.

Avant de procéder, la SQDC rappelle qu'elle doit attendre l'adoption des projets de loi liés à la légalisation du cannabis, tant à Ottawa qu'à Québec. D'ici là, les discussions se poursuivent.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Les régimes: 10 mythes tenaces