Retour

Caribous : Ottawa analysera le rapport préliminaire proposé par Blanchette

Le cabinet de la ministre fédérale Catherine McKenna affirme qu'il analysera le rapport préliminaire produit par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du gouvernement québécois.

Un texte de Thomas DeshaiesInterpellé par les chefs de la Nation algonquine anichinabée, le cabinet de la ministre McKenna se dit « conscient des préoccupations du Conseil de la Nation Anichinabé de Lac-Simon ».

« Nous effectuerons un suivi approprié auprès d’eux », écrit l’attachée de presse de la ministre.

Luc Blanchette viséLes chefs dénoncent vigoureusement l’intention du ministre Luc Blanchette de ne pas prendre les moyens nécessaires pour préserver la harde de caribous de Val-d’Or.Ils réclament également l’intervention de la ministre fédérale de l’Environnement, Catherine McKenna, en lien avec la Loi sur les espèces en péril.Rappelons que le ministère des Forêts de la Faune et des Parcs a publié une étude préliminaire le 8 mars et estime qu’il faudrait investir des sommes importantes sur 50 ans, pour avoir une chance de sauver la harde estimée à 18 individus.

Le ministre Luc Blanchette n’a pas l’intention de le faire et souhaite plutôt investir dans les autres hardes où il y a, selon lui, « davantage de chances de succès ».

Séparer les ministères, une proposition « stupide », selon Luc BlanchetteL’agent d’information du Conseil tribal de Nation Algonquine Anichinabé, Georges Lafontaine, ne mâche pas ses mots pour critiquer le travail du ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette.

Les chefs réclament une séparation du ministère en deux.« C’est une idée stupide puis j’insiste sur le fait, s’exclame Luc Blanchette. Si on veut avoir du développement durable, faut concilier le développement économique, le développement social et le développement environnemental. De scinder les choses ne serait pas une bonne idée », insiste le ministre.Les chefs estiment que le gouvernement est fautifLes chefs accusent le gouvernement de ne pas avoir pris les moyens nécessaires dans le passé pour protéger le territoire du caribou, en permettant une exploitation à outrance dans le secteur.

« Oui, le passé est responsable », répond M. Blanchette, tout en précisant « qu’il faut faire une différence entre ce qu’on est en 2018 et ce qu’on était voilà 40 ou 50 ans. La société a évolué et on est conscient qu’il faut prendre soin de notre faune », dit-il.La déportation des caribous ne correspondait à aucune hypothèse du ministère?En avril 2017, le ministre Luc Blanchette avait annoncé la déportation définitive des caribous au Zoo de Saint-Félicien, ce qui avait été rapporté par plusieurs médias. Le caractère définitif de cette déportation avait soulevé un tollé parmi les biologistes.Le ministre expliquait à l’époque s’être basé sur six hypothèses produites par son ministère pour en arriver à cette décision. Dans le rapport préliminaire dévoilé le 8 mars dernier, on fait mention de six hypothèses, mais aucune ne propose la déportation définitive des caribous de Val-d’Or.

Il est plutôt suggéré de les envoyer au zoo, en vue d’une réintégration ultérieure dans leur habitat naturel.

Questionné à savoir s’il s’agit des hypothèses sur lesquelles il s’était basé pour prendre sa décision, le ministre confirme qu’elles « faisaient partie des analyses desquelles on s’est inspiré ».

Il réfute que sa décision fût de les laisser définitivement au Zoo de Saint-Félicien, même si c’est pourtant ce qui avait été annoncé à l’époque. « Il était question qu’on les ramène après une certaine période de temps. À l’époque ça faisait partie du projet, a-t-il répondu. De mémoire non, je n’avais pas dit cela. »

Plus d'articles