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Centenaire de la fermeture du camp de Spirit Lake : une occasion pour désigner le cimetière du camp comme lieu historique?

Il y a 100 ans jour pour jour fermait le camp d'internement de Spirit Lake, à La Ferme près d'Amos. Le président de la Corporation du camp de Spirit Lake profite de cette « journée triste » pour relancer le dossier de la désignation du cimetière du camp, où sont inhumées 19 personnes, comme un lieu historique.

Près de 1200 personnes, parmi lesquelles des familles, ont été détenues à Spirit Lake pendant la Première Guerre mondiale. Ces prisonniers étaient considérés comme des ennemis de l'État en raison de leur origine ukrainienne.

Pour le président de la Corporation de Spirit Lake , même si le 28 janvier 2017 correspond au centenaire de la fermeture du camp, il s'agit d'une journée triste. Jim Slobodian rappelle qu'après la fermeture de Spirit Lake, les prisonniers ont été envoyés dans d'autres camps de détention en sol canadien, ou ont encore été appelés à participer à l'effort de guerre dans des conditions de travail difficiles.

« Quelques-uns ont été envoyés au camp de Kapuskasing, il y en a d'autres qui ont été envoyés à Banff dans l'Ouest canadien, il y en aussi qui ont été envoyés à Halifax pour travailler dans les mines de charbon, indique-t-il, rappelant au passage que la majorité des détenus de Spirit Lake s'étaient préalablement établis dans des quartiers populaires de Montréal après leur arrivée au Canada, après avoir fui ce qui était à l'époque l'empire austro-hongrois, en quête d'une vie meilleure. C'est quand même 1200 personnes qui ont été internées, hommes, femmes et enfants, inutilement. C'est une journée triste. »

Désignation comme site historique?

Il souhaiterait d'ailleurs que le centenaire soit l'occasion de reconnaître le cimetière de Spirit Lake comme un lieu historique. « Cette année, ce qu'on peut nous souhaiter, c'est que le cimetière où 19 personnes sont inhumées soit [désigné comme] site historique. Car ces gens-là ont droit au respect, parce qu'ils n'ont pas demandé de mourir et de se faire inhumer à La Ferme. »

Jim Slobodian, qui précise que le lieu pourrait être réhabilité sans que ne soient nécessairement encouragées les visites, dit d'ailleurs avoir le Comité ukrainien du Canada comme allier dans ce dossier. La Ville d'Amos ne souhaite pour sa part pas s'interposer puisque le terrain du cimetière, « où la forêt boréale a repris ses droits », note Jim Slobodian, a été cédé à un propriétaire privé par les Clercs de St-Viateur. Le propriétaire du terrain n'a pas retourné nos appels à ce sujet.

Depuis 2007, le chemin qui mène au cimetière des détenus a officiellement été nommé Chemin du Cimetière-des-Ukrainiens. Pendant plusieurs années, il était cependant connu sous l'appellation de Chemin du Cimetière-Allemand, « nom ayant fait perdurer dans la population la méprise selon laquelle les internés de Spirit Lake étaient essentiellement des Allemands », peut-on lire sur la page Facebook du Centre d'interprétation du camp de Spirit Lake.

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