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Christine Girard sur le point d'être médaillée d'argent olympique... quatre ans plus tard

Le Comité international olympique (CIO) continue de faire le ménage parmi les médaillés olympiques coupables de dopage, et l'haltérophile québécoise Christine Girard en sortirait avec l'argent des Jeux de Londres.

Trois autres haltérophiles kazakhes ont été déchues jeudi de l'or qu'elles avaient remporté aux Jeux de 2012.

Ces trois haltérophiles sont Zulfiya Chinshanlo (53 kg), Maiya Maneza (63 kg) et Svetlana Podobedova (75 kg).

Maneza détenait le 1er rang, tandis que Girard avait terminé 3e.

Girard attend donc que le CIO lui confirme qu'elle recouvrera bel et bien l'argent, puisque l'organisation olympique n'a toujours pas annoncé les noms des athlètes qui vont récupérer les médailles.

L'histoire pourrait se répéter pour l'athlète de Rouyn-Noranda en ce qui a trait à la médaille d'or, puisque la Russe Svetlana Tsarukaeva, qui l'a devancée sur le podium, a aussi été convaincue de dopage un mois après Maneza.

Le CIO n'a toutefois pas statué sur ce dossier pour l'instant.

Le ménage du CIO

Au total, huit sportifs qui avaient participé aux Jeux de Londres ont été sanctionnés jeudi. Parmi eux, une autre médaillée, de bronze cette fois : la Bélarusse Marina Shkermankova, également haltérophile (69 kg).

Les autres sports touchés sont le lancer du marteau et le saut à la perche (un cas chacun, concernant deux Russes qui n'avaient pas été médaillés).

Le cas d'un neuvième sportif, le lutteur russe Besik Kudukhov, a lui été classé, car il est mort en décembre 2013. La médaille d'argent qu'il avait remportée ne lui a donc pas été retirée à titre posthume.

Comme de nombreuses autres prises depuis cet été, les sanctions annoncées jeudi se basent sur de nouvelles analyses d'échantillons prélevés lors de JO passés.

Un large échantillon

Au total, sur les Jeux de Pékin 2008 et de Londres 2012, le CIO a déjà fait analyser 1243 échantillons grâce à des méthodes scientifiques qui ont évolué depuis et sur la base d'informations ciblées recueillies depuis l'été 2015.

Le dopage est un sujet plus brûlant que jamais dans l'olympisme. Avant les Jeux de 2016, à Rio, un gigantesque scandale de dopage d'État a ainsi privé la Russie de plus de 110 sportifs, dont la quasi-totalité en athlétisme.

Les rouages de ce système de dopage d'État avaient été dévoilés par un rapport commandé par l'Agence mondiale antidopage (AMA) au juriste canadien Richard McLaren.
Seule la première partie de ce rapport avait été publiée. Mercredi, l'AMA a annoncé que la seconde partie serait rendue publique début décembre.

Par ailleurs, début octobre, le CIO a prôné une réforme du système de lutte antidopage s'appuyant sur deux mesures essentielles.

D'abord, rendre les contrôles antidopage indépendants des fédérations sportives en les confiant à une nouvelle structure créée sous l'autorité de l'AMA.

Ensuite, faire prononcer les premières sanctions non plus par les fédérations, mais par le Tribunal arbitral du sport (TAS) qui jugeait jusqu'alors uniquement les appels en matière en dopage.

Il ne s'agit toutefois que de recommandations à ce stade et la mise en oeuvre de cette réforme s'annonce longue et complexe. L'AMA doit se pencher sur ces propositions dans une réunion qu'elle tiendra à Glasgow, en Écosse, le 20 novembre.

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