Le rapport du Protecteur du citoyen sur le CHSLD Harricana vient semer le doute dans l'esprit des proches de certains résidents. Le père de Mario Brunet a séjourné au quatrième étage du CHSLD Harricana de 2009 à 2013, alors qu'il était atteint de parkinson. Incapable de se déplacer ou de marcher, sa condition nécessitait des soins aigus. Si l'avocat de formation a été globalement satisfait des soins reçus dans l'établissement de santé, il conserve cependant un souvenir amer de certaines situations.

Avec les informations d'Émilie Parent-Bouchard

Albert Brunet a été transféré au 4e étage du CHSLD en 2009 parce qu'il ne pouvait plus se déplacer seul. Ses proches ont été à son chevet jusqu'à sa mort, en octobre 2013. Son fils Mario se souvient du personnel en général attentionné, mais débordé.

« Je peux comprendre qu'à un moment donné, tu as des ressources limitées, contrairement à ce que monsieur le ministre dit. Dans le cas de mon père qui était atteint de parkinson, qui avait une mobilité extrêmement réduite de 2009 à 2013 ça a toujours été de façon dégressive. Dans les derniers temps, ça prenait au moins deux personnes pour l'amener à la salle de bain. Effectivement, on tentait de lui dire : " Regarde, tu vas aller à la toilette à des heures précises ". Je trouvais ça un peu inhumain », se souvient-il.

Un jour, une des filles d'Albert Brunet l'a aussi retrouvé seul dans sa chambre, plongé dans le noir et paniqué.

À la lumière des informations contenues dans le rapport de Raymonde St-Germain, Mario Brunet s'interroge. « Il avait des problèmes d'audition. Des appareils auditifs... Je me suis posé la question aujourd'hui : est-ce qu'ils ont pris les moyens nécessaires pour lui offrir cette possibilité-là? [...] Est-ce qu'à un moment donné, quand les gens sont au CHSLD, on ne renonce pas dans un certain sens de leur accorder le maximum de qualité de vie? », s'est-il demandé.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux d'Abitibi-Témiscamingue (CISSSAT) n'a pas voulu commenter ce témoignage. Mais plus tôt cette semaine, son président-directeur général, Jacques Boissonneault, a affirmé vouloir savoir depuis quand la situation décrite dans le rapport perdurait. « On va faire enquête, on va voir depuis quand ça dure, mais moi au niveau des années récentes, j'ai moi-même vérifié auprès de la directrice générale de l'époque, elle n'était pas au fait de ce qui se passait au 4e étage », assure M. Boissonneault.

Le CISSSAT s'est engagé à appliquer les recommandations du Protecteur du citoyen d'ici le 31 octobre.

Écoutez le témoignage complet de Mario Brunet : 

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