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CHSLD Harricana : une bénévole publie une vidéo virale en appui aux travailleurs

Une ancienne bénévole du Centre d'hébergement Harricana a publié la semaine dernière un témoignage vidéo pour soutenir le personnel de soins qu'elle a côtoyé pendant 200 heures de bénévolat. La vidéo qu'elle a publié sur Facebook et dans laquelle elle interpelle le ministre de la santé, Gaétan Barrette, a été partagée à plus de 2000 reprises et a été visionnée plus de 55 000 fois.

Avec les informations d'Émilie Parent-Bouchard

Kate Blais, 24 ans, étudie maintenant à l'Université Laval, à la maîtrise en philosophie dans le cadre de laquelle elle s'intéresse particulièrement à l'éthique et à la philosophie du langage. Elle prévoit d'ailleurs un changement de domaine pour se diriger vers l'orthophonie et les troubles du langage, pour éventuellement faire de la recherche et travailler notamment avec des personnes atteintes d'Alzheimer.

Elle a grandi à Amos et y retourne lorsqu'elle est en congé et dit s'empresser de retourner au CHSLD Harricana lorsqu'elle le peut. Elle dit avoir cumulé environ 200 heures de bénévolat au 4e étage du CHSLD depuis deux ans, les soirs, à s'occuper des personnes âgées et à faire plus particulièrement de l'aide à l'alimentation.

En réaction au traitement de la nouvelle

Elle dit avoir publié son témoignage vidéo en soutien à ses anciennes collègues, mais aussi parce qu'elle a lu le rapport du Protecteur du citoyen et dit avoir été heurtée par le traitement médiatique qui en a été fait la semaine dernière. Selon elle, il y a eu beaucoup de généralisation alors que le rapport pointait plutôt du doigt une seule personne, dont elle condamne l'attitude par ailleurs. Dans son vidéo elle parle du « CHSLD des horreurs » qui a été décrit dans les médias avec très peu de nuances, un CHSLD qu'elle dit ne pas reconnaître.

Critique des mesures d'austérité

À la fin de sa vidéo, Mme Blais interpelle directement le ministre de la santé, Gaétan Barrette. Elle décoche une flèche aux mesures d'austérité et aux compressions du gouvernement dans le système d'éducation et de santé, qu'elle qualifie « d'atrocités ». Elle demande au ministre de venir constater lui-même le travail qui est accompli chaque jour par le personnel de soins des établissements de santé.

Mme Blais dit avoir été choquée d'entendre le ministre Barrette dire qu'il ne s'agissait pas d'un problème de ressources alors que, selon elle, le problème se situe précisément au registre des ressources. Elle dit avoir côtoyé des membres du personnel de santé surchargés, à bout de force et extrêmement fatigués à force d'essayer de rencontrer les normes du ministère avec des ressources qu'elle juge limitées.

Réaction du cabinet du ministre Barrette

Du côté du cabinet du ministre de la Santé, on s'en tient à ce qui est contenu dans le rapport du Protecteur du citoyen, c'est-à-dire qu'on croit qu'il s'agit davantage d'un problème d'organisation du travail plutôt que d'un manque de ressources.

Rappelons que le ministre Barrette avait toutefois réagi le lendemain de la publication du rapport du Protecteur du citoyen. Selon le Dr Barrette, c'est du côté des gestionnaires qu'il faut chercher des coupables. Le ministre de la Santé a dit faire confiance au président directeur-général du CISSS, Jacques Boisson Neault, pour réaliser le travail dans les délais fixés par le Protecteur du citoyen, soit jusqu'au 31 octobre.

Le CISSSAT ne commentera pas

Pour sa part, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue (CISSSAT) ne souhaite pas commenter cette vidéo. Le CISSSAT a toutefois indiqué par courriel que le travail se poursuit. L'enquête interne ainsi que les interventions sur le terrain se poursuivront afin de cerner les problématiques vécues au CHSLD et de mettre en place les solutions appropriées.

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