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CISSS-AT : 300 témoignages d'infirmières sur la « violence organisationnelle » déposés au conseil d'administration

Plus de 300 commentaires anonymes déplorant le climat de travail au Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue (CISSS-AT) ont été portés à l'attention du conseil d'administration de l'organisme, jeudi soir, par la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ).

Un texte de Thomas Deshaies

La présidente régionale de la FIQ, Carole Gendron, voulait ainsi démontrer les effets de ce qu’elle qualifie de « violence organisationnelle ». Elle a justifié sa démarche par le fait que le président-directeur général du CISSS-AT, Yves Desjardins, lui avait demandé, à la dernière séance du C.A., d’avoir en mains des faits sur cette problématique.

Carole Gendron a également dénoncé une « chasse aux sorcières » contre les professionnelles en soins de santé qui osent prendre la parole publiquement. « 25 % de nos membres disent avoir subi de la violence, déplore-t-elle. Aujourd’hui, je vais déposer [ces commentaires], parce que dès que quelqu’un fait une sortie, il y a des représailles contre lui. Disent que c’est faux, mais c’est faux ce qu’ils disent. »

Selon le sondage du syndicat, 60 % des membres de la FIQ songeraient à démissionner, alors que 70 % seraient surmenées. La présidente de la FIQ considère que la réforme Barrette est la source des maux qui affligent ses membres.

Le personnel invité à adresser ses plaintes à l’organisation

La directrice des ressources humaines du CISSS-AT, Isabelle Benoît, a rappelé que l’organisation avait une politique de tolérance zéro sur le harcèlement. Elle a affirmé que 21 plaintes provenant de membres du personnel avaient été enregistrées en 2017. Parmi celles-ci, plus de la moitié ont été considérées non fondées, puisqu’il ne s’agissait pas de harcèlement.

Concernant la « chasse aux sorcières » à la suite des prises de parole publiques, Isabelle Benoît explique les obligations juridiques de l’organisation en lien avec le « devoir de loyauté ». La présidente de la FIQ a quant à elle demandé à l’organisation de permettre aux membres de s’exprimer librement.

Le temps supplémentaire obligatoire (TSO) est une des problématiques majeures décriées par la FIQ. Yves Desjardins a souligné lors du C.A. que le système permettrait dorénavant de quantifier le nombre de TSO, pour être en mesure d’avoir un meilleur portrait de la situation.

« On n'a visiblement pas la même perception de la réalité », a affirmé le PDG du CISSS-AT, Yves Desjardins, en faisant référence au portrait dressé par la FIQ. Il a toutefois précisé qu’une plainte pour harcèlement en était une de trop.

Lien de confiance rompu?

Yves Desjardins réitère son souhait de connaitre l’identité des plaignantes pour mieux intervenir et invite le personnel à passer par les canaux officiels.

Carole Gendron refuse de donner les noms des plaignantes, par crainte de représailles.

Les deux organisations ont convenu de se réunir sous peu afin d’échanger sur des pistes de solution.

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