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Classes multiâges : une réalité omniprésente en Abitibi-Témiscamingue

Plusieurs élèves du primaire font leur rentrée cette semaine. Les enseignantes et enseignants, de leur côté, sont déjà au travail pour préparer l'année scolaire. De nombreux élèves devront s'adapter à des classes multiâges, une réalité incontournable en Abitibi-Témiscamingue, particulièrement dans les quartiers ruraux.

Un article de Félix B. Desfossés

Moins d'élèves par classe

Marilou Bédard est enseignante à l'École Bellefeuille, pavillon de Taschereau de la Commission scolaire du Lac-Abitibi. Cette année, elle devra enseigner simultanément à des élèves de 5e et 6e années. Ils seront 19 élèves au total.

Ce nombre, 19 élèves, peut sembler peu élevé. Il n'est pas rare d'entendre parler de classes de plus de 30 élèves. La clientèle peu nombreuse de l'école de Taschereau vient en partie expliquer ce chiffre. Mais un autre facteur vient limiter le nombre d'enfants par classe. « La convention collective nous demande d'emblée d'avoir moins d'élèves dans une classe multiâge », précise Anne-Frédérique Karsenti, directrice des services éducatifs à la Commission scolaire de Rouyn-Noranda (CSRN).

Une tâche plus grande pour les enseignants

Mme Bédard est au travail depuis jeudi dernier. Ses élèves arriveront demain matin. Elle trouve que c'est bien peu de temps pour préparer l'année scolaire, recevoir les horaires, la liste de ses nouveaux élèves et pour rencontrer ses nouveaux collègues.

C'est d'autant plus vrai que le fait d'enseigner à une classe de nivaux multiples est légèrement plus demandant qu'enseigner à un groupe conventionnel. « Quand c'est dans le même cycle, c'est un peu moins pire, dit-elle, mais on a des intercycles de 4e-5e, parfois, et ça, c'est un plus grand défi. Même qu'à l'École de Poularies, ils ont une 4e-5e-6e, cette année. L'enseignante va avoir un beau défi à relever aussi. En 5e-6e, les apprentissages dans la progression des apprentissages sont les mêmes, sauf qu'on les évalue différemment. »

Anne-Frédérique Karsenti reconnaît que « les enseignants doivent connaître leur matière sur le bout de leurs doigts et, souvent, travailler par projets de manière à intégrer les matières ».

Et les élèves, eux, doivent-ils avoir des compétences particulières pour se retrouver dans ces classes? Mme Karsenti répond que la direction de chaque école est libre de déterminer quels sont les critères qui feront qu'un élève se retrouvera dans une classe multiâge plutôt qu'un autre. Mais, en règle générale, on tente à tout le moins d'établir un équilibre entre le nombre de garçons et de filles ainsi qu'une proportion équilibrée entre les âges.

Une réalité importante en milieu rural

De classes à degrés triples comme celle de Sainte-Rose-de-Poularies, il y a en dans d'autres villages de la région. Les classes multiâges sont en effet très communes dans les quartiers ruraux. « Dans nos petits milieux, où il y a moins d'élèves, on doit favoriser le regroupement d'élèves [...] Par contre, il y a dans presque toutes nos écoles primaires, même nos grandes écoles », indique Mme Karsenti, de la CSRN.

Un phénomène en décroissance?

Au Témiscamingue, après la fermeture de quelques écoles de l'est du secteur, le nombre de classes multiâges a diminué considérablement. Nicole Lavoie, directrice des services éducatifs à la Commission scolaire du Lac-Témiscamingue (CSLT), confirme qu'il n'y aura que quatre classes de ce type sur son territoire cette année. À Rouyn, le nombre s'établira autour de 25. Une nette diminution depuis 2005-2006, où la CSRN avait connu un pic à 38 classes de degrés multiples. 

À la Commission scolaire du Lac-Abitibi, on compte 25 classes multiâges.

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