Retour

Combattre les tabous pour prévenir la détresse psychologique chez les ambulanciers

Un comité composé de trois entreprises ambulancières québécoises, dont les Ambulances AbiTémis, combat les tabous pour bonifier l'aide psychologique offerte aux ambulanciers et aux paramédics qui sont constamment confrontés à des événements bouleversants et traumatisants dans le cadre de leur travail.

Il y a une dizaine d'années, le paramédic et vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux à la CSN (FSS-CSN) Dany Lacasse a vécu la perte d'un collègue originaire de l'Abitibi-Témiscamingue qui a mis fin à ses jours.

Il a alors décidé de prendre les choses en main pour que ce type d'événement ne se reproduise plus. Grâce à des efforts soutenus, il forme en 2010 un comité au sein duquel sont représentés tant les employeurs que les syndiqués pour réfléchir à des stratégies afin d'enrayer la détresse psychologique dans son corps de métier.

Le rôle des gestionnaires

« On a fait différentes évaluations dans le milieu. Depuis quelques années, on offrait déjà quelques formations et publications à nos membres. Depuis janvier, on a mis en place un programme parce qu'on considère que le soutien des employeurs est très important en situation d'événements bouleversants ou traumatisants », explique la directrice en santé et sécurité au travail à la Corporation des services d'ambulances du Québec, Gina Harvey, qui travaille en collaboration avec le comité.

Le poids de l'uniforme

Depuis la fin de l'été, les techniciens ambulanciers et les paramédics affiliés à la FSS-CSN ont aussi accès à la maison La Vigile, un organisme qui vient spécifiquement en aide aux femmes et aux hommes qui portent l'uniforme - agents de la paix, pompiers, ou encore soldats. Le directeur général de La Vigile, l'ancien policier Jacques-Denis Simard, croit que cette nouvelle association est un autre pas dans la bonne direction. 

Briser les tabous

Pour sa part, le président du Syndicat des paramédics de l'Abitibi-Témiscamingue, Serge Buttet, souligne qu'un travail colossal a dû être réalisé pour briser les tabous. Selon lui, des sentiments comme la honte ou la culpabilité peuvent encore cacher la détresse vécue par les paramédics. C'est pourquoi il soutient qu'il est primordial de continuer à miser sur la prévention.

« On commence à avoir un peu plus de ressources. C'est sûr qu'au début [des consultations du comité, les gens] ne veulent pas dire qu'ils ont des problèmes. Présentement, il y a probablement plusieurs personnes qui ont des problèmes de post-trauma, et ils ne veulent pas l'avouer parce que le domaine préhospitalier est un domaine principalement d'hommes. Donc [il ne] faut pas paraître faible, il ne faut pas démontrer qu'on a des faiblesses. Donc, on essaie de rester vraiment le plus droit possible, et le plus fort possible. »

Prévenir dès la formation

Même s'ils sont conscients de la dureté du métier sur la santé mentale, les étudiants en techniques ambulancières doivent quant à eux faire face au choc de la réalité une fois sur le marché du travail, où l'exposition répétée à des événements difficiles finit par les affecter.

Le Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue, qui offre une formation en soins préhospitaliers d'urgence au campus de Val-d'Or, met cependant tout en oeuvre pour préparer les étudiants. Les simulations jouent notamment un rôle important.

« On les prépare de différentes façons, c'est-à-dire que dès le début du programme il y a des cours qui sont des cours de psychologie, ou de sociologie pour les aider à comprendre davantage non seulement leurs propres réactions, mais aussi les réactions et les interventions des autres personnes, indique le directeur des études au Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue, Éric Aubin. Une très grande partie de notre formation est constituée de mises en situation réalistes. On commence de façon un peu plus tranquille, mais à la fin, [ce sont] les deux tiers, [voir] 100 % de la formation qui est faite soit de simulations ou de stages. »

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un avion s'écrase dans un arbre





Rabais de la semaine