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Comment le FME a-t-il transformé Rouyn-Noranda?

Le Festival de musique émergente, durant ses quatre jours de festivités, transforme littéralement la ville de Rouyn-Noranda. Des milliers de festivaliers prennent la ville d'assaut, des concerts explosent dans tous les endroits imaginables et tout semble possible, sauf peut-être dormir. Avec le temps, l'événement a transformé Rouyn-Noranda à de nombreux égards, du menu du restaurant Chez Morasse jusqu'à la réputation de la ville à la mairie de Paris.

La version audio intégrale de ce reportage sera diffusée dimanche 6 septembre lors de l'émission spéciale de Circuit Makonnen en direct du FME sur les ondes d'ICI Musique, à 15 h.

Un article de Félix B. Desfossés

Rouyn ou rien?

Sandy Boutin, président et cofondateur du FME, est catégorique. « Je ne pense pas qu'on aurait réussi à faire ce festival ailleurs. J'essaie juste de m'imaginer lancer une chose comme ça à Montréal et je ne pense pas que ce serait possible. Rouyn-Noranda, c'est le catalyseur, c'est un terreau fertile pour le développement. [...] C'est la population, et c'est aussi une administration qui est un terreau fertile à l'idéation et à la survie de ces événements », estime-t-il.

Mario Provencher, maire de Rouyn-Noranda, constate de son côté que le foisonnement du FME a contribué à façonner une identité actuelle à Rouyn-Noranda. « Pour être honnête, ça a vraiment participé à l'identité culturelle développée dans les 10, 15 dernières années. On avait, initialement, notre principale activité culturelle, le Festival du cinéma international, ensuite le  festival Documenteur, mais pour tout ce qui est musique, c'est vraiment ce qui a fait vibrer la fibre culturelle qu'on vit maintenant à Rouyn-Noranda », dit-il.

De Rouyn-Noranda à Paris

Le festival a grandement contribué à faire connaître Rouyn-Noranda à l'international.

La réputation de Rouyn-Noranda trouve même des échos jusqu'à la mairie de Paris, ajoute M. Provencher. « Il y a quelques semaines, j'étais à Caraquet, et le bras droit de la mairesse de Paris était là. Il m'a parlé du FME. Il va essayer de venir, il va essayer d'avoir l'autorisation de la mairesse de Paris pour venir vivre l'expérience », souligne-t-il.

Et l'expérience que veut vivre le bras droit de la mairesse de Paris est composée de nombreux facteurs. L'accueil réservé par le festival aux artistes et festivaliers, la proximité avec les artistes, l'intimité des salles de spectacle, le décor même de la ville. « L'ambiance du FME, c'est la convivialité, c'est small is beautiful, comme le dit l'expression en anglais. [...] C'est des spectacles qui explosent n'importe où, à n'importe quel moment, alors que personne ne s'y attend, et c'est gratuit. C'est 50 % de la programmation qui est gratuite. C'est des spectacles qui arrivent dans un dépanneur, une station-service, sur le coin d'une rue, sur un toit... »

Des concerts impromptus Chez Morasse... à l'année?

Ces spectacles impromptus, qui font maintenant partie de la griffe du FME, ont commencé dans un restaurant de Rouyn-Noranda, un incontournable de la ville, très apprécié des festivaliers, Chez Morasse. « C'est ici, à ma connaissance, qu'il y a eu le premier de ce qu'on appelle aujourd'hui les shows impromptus », se souvient Christian Morasse, le propriétaire.

Et cette formule de spectacles dans son restaurant fera probablement école au cours des prochains mois. « Sans avoir eu un flash en lien direct avec le FME, il est fort possible que les shows cachés aient semé le germe. Depuis qu'on a reçu notre permis d'alcool, on trouve que c'est une suite logique d'introduire des spectacles sur une base régulière pour donner la chance à des groupes et à des jeunes musiciens qui n'ont pas de tribune encore de s'exposer, de diffuser leur talent. On pense que ce serait un beau mariage. »

Une inspiration pour le développement de la culture

Le FME semble avoir été le point d'ébullition d'un renouveau culturel rouynorandien. « C'est grand de dire qu'on a pu avoir de l'influence, nuance Sandy Boutin, mais je pense qu'on a pu inspirer des gens, comme on a été inspirés par le Festival du cinéma. Peut-être qu'on a montré à des gens passionnés, chacun dans leur domaine respectif, que c'est possible et probablement très faisable de réaliser d'autres événements. Après nous sont arrivés Osisko en lumière, le Festival des guitares du monde, le Documenteur, le Festival des langues sales. »

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