Retour

Commission Viens : manque de ressources et de services, disent des Naskapis et des Innus

Le chef de la nation naskapie de Kawawachikamach et la conseillère de la nation innue de Uashat-Maliotenam ont exprimé leur inquiétude quant au manque de ressources et de services dans leurs communautés, lors de leurs témoignages vendredi à la commission Viens.

Le chef de la nation naskapie de Kawawachikamach, Noah Swappie, a notamment indiqué, devant la Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics (CERP), que seulement quatre policiers de la Sûreté du Québec étaient assignés à Kawawachikamach par le gouvernement. Les agents ne peuvent donc pas assurer la sécurité de la communauté 24 heures sur 24, a déploré M. Swappie.

La communauté naskapie a toutefois pu augmenter, à ses frais, le nombre de policiers à huit, après s'être longtemps battue.

Le manque de ressources et de services se fait également sentir dans le domaine de la santé. Le Centre local de services communautaires (CLSC) de Kawawachikamach n’offre que 5 des 14 programmes prévus dans les ententes entre Santé Canada et les Autochtones, a rapporté M. Swappie, ajoutant que les services ne sont pas toujours assurés puisque le CLSC à Kawawachikamach n'a pas d'employé permanent.

Protéger les enfants

Les préoccupations de la conseillère d'Innu Takuaikan Uashat Mak Mani-Utenam Virginie Michel portaient, quant à elles, davantage sur l'avenir des enfants.

Mme Michel a déploré que sa communauté ait moins de services que les non-Autochtones. Elle souhaiterait que plusieurs services soient offerts et financés pour aider les enfants de la communauté. « Pourquoi vos enfants auraient plus de services que nos enfants? » a-t-elle demandé.

Elle a également rappelé que sa communauté a vécu une vague de suicides en 2015. « Toutes les semaines, il y en a des tentatives [de suicide] », a-t-elle rappelé.

Les jeunes de sa communauté sont en détresse, a-t-elle fait valoir, parce que leurs parents ou arrière-grands-parents ont été des enfants blessés. « La présence envers l'enfant en tant que parent a diminué parce que les adultes blessés ont l'esprit ailleurs », a-t-elle indiqué. Il s'agit, selon elle, d'un effet domino qui s'est transmis de génération en génération.

Questionnements quant à la portée du mandat de la Commission

Virginie Michel a aussi dit à la commission qu'elle s'inquiétait d'une part que son mandat ne concerne que six secteurs des services publics, soit la police, la prison, la justice, la santé, les services publics et la protection de la jeunesse et, d'autre part, qu'elle ne s'intéresse qu'aux 15 dernières années.

« L'histoire de fond de nos blessures remonte au-delà de 150 ans, a-t-elle rappelé. La violence systémique, ce n'est pas que certaines branches, que certains secteurs administratifs. La violence systémique date depuis longtemps, depuis notre dépossession territoriale. »

À la suite de ce commentaire, le commissaire Jacques Viens, habituellement peu bavard lors des témoignages, a répondu pour tenter de la rassurer.

« Je ne voudrais pas que vous vous sentiez privée de nous parler de ce qui s'est passé au-delà des 15 dernières années, a exprimé le magistrat. Nous sommes très conscients qu'il est important d'examiner ce qui s'est passé avant pour comprendre ce qui s'est passé dans les 15 dernières années, ce n'est pas exclu de notre analyse. »

Le chef d'Ekuanitshit, Jean-Charles Piétacho a pour sa part témoigné en fin d'après-midi. Il a entre autres parlé du fait que ce n'était pas la première fois que les Innus s'exprimaient dans des commissions d'enquête et a mentionné qu'il s'attendait à des résultats de la commission Viens.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine