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Commission Viens : un citoyen déplore le port des bracelets rouges par la SQ

Le port des bracelets rouges à l'effigie du poste de police de Val-d'Or en soutien aux policiers de la Sûreté du Québec a été abordé à la commission Viens. Le citoyen Jimmy Papatie, de Kitcisakik, a réclamé une intervention de Québec pour que les policiers ne soient plus autorisés à porter le bracelet dans le cadre de leurs fonctions.

Les informations de Thomas Deshaies

« Pour nous, c'est un symbole [qui nous rappelle] que les policiers [n']ont jamais été accusés », déclare Jimmy Papatie.

En 2016, plusieurs policiers et citoyens ont commencé à arborer cet emblème, à l'effigie du poste de police de Val-d'Or, le numéro 144.

Ils souhaitaient ainsi exprimer leur solidarité envers les huit policiers suspendus en raison d'allégations d'abus de pouvoir à l'endroit de femmes autochtones.

Certaines personnes dénonçaient le traitement qu'elles subissaient, à la suite de la diffusion du reportage d'Enquête.

Selon Jimmy Papatie, le port de ce bracelet est très mal perçu par les Anichinabés.

« Chaque fois qu'ils continuent de le porter, ils ne font que nourrir le feu de la colère. Ça ne fait qu'entretenir l'image de gens qui continuent à faire de la répression envers mon peuple », déplore-t-il.

Moins d'investissements?

Le témoin a également déploré que le gouvernement ait davantage investi à Val-d'Or que dans les communautés autochtones à la suite des dénonciations de 2015.

« Les communautés de Kitcisakik, Lac-Simon, Pikogan, n'ont pas reçu d'argent, mais le milieu urbain, oui », soulève Jimmy Papatie.

Le résident de Kitcisakik en a profité pour dénoncer une certaine couverture médiatique sur les Premiers peuples.

Il estime notamment que le legs du colonialisme n'est pas expliqué, ne permettant pas aux lecteurs de comprendre les difficultés auxquelles doivent faire face les autochtones aujourd'hui.

Il a finalement réclamé qu'on octroie un réel pouvoir et des redevances satisfaisantes aux communautés dans la gestion des ressources naturelles.

Services de santé

Lundi, les services de santé dispensés à l'hôpital de Val-d'Or ont une nouvelle fois retenu l'attention à la Commission Viens.

Des citoyens autochtones ont raconté leur mauvaise expérience à l'hôpital.

Jacqueline Michel, de Kitcisakik, raconte qu'on lui aurait refusé de visiter sa sœur lorsqu'elle était aux soins intensifs.

Elle déplore qu'une infirmière lui ait demandé de patienter cinq heures, sans raison, et que sa soeur soit décédée entretemps.

14 heures de douleur

Jimmy Papatie, également citoyen de Kitcisakik, raconte quant à lui avoir dû patienter pendant 14 heures, en douleur, alors qu'une intervention rapide aurait été nécessaire.

« Au triage, l'infirmière… mettons que je n'aimais pas le ton, le langage qu'elle avait. Elle me [demandait si] j'avais consommé, [si] j'avais pris de la drogue », témoigne-t-il.

Le témoin, qui avait déjà été diagnostiqué pour des pierres au foie, a expliqué qu'une note précisant qu'une opération serait nécessaire avait été laissée à son dossier, mais que l'infirmière au triage n'en aurait pas tenu compte.

« C'était un nouveau docteur qui était là. L'infirmière n'était plus là. Le docteur s'est fâché. Il disait "comment ça se fait qu'on l'a laissé trainer en haut" », raconte-t-il.

Les audiences se poursuivront toute la semaine, à Val-d'Or.

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