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Commission Viens : une ex-travailleuse sociale démissionne en raison de règles qu’elle juge discriminatoires

Une ex-travailleuse sociale qui a œuvré pendant plus de cinq ans dans les communautés de Lac-Simon et Kitcisakik, Mylène Sénéchal, a témoigné lundi matin à la Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics. Elle a notamment dénoncé des règles, qu'elle juge discriminatoires, de la Direction de la protection de la jeunesse.

Avec les informations de Thomas Deshaies

De 2013 à 2017, Mylène Sénéchal a travaillé en protection de la jeunesse pour le secteur de Kitcisakik. En 2017, elle a toutefois décidé de remettre sa démission, en raison de règles de fonctionnement qu’elle considère, discriminatoires. « J’étais lassé de devoir régulièrement déjouer les règles que je trouvais discriminatoires et insécurisantes pour les Algonquiens », a-t-elle déclaré.

Méconnaissance des réalités autochtones

Mylène Sénéchal a expliqué que le nombre élevé d’enfants autochtones qui sont pris en charge par la Direction de la protection de la jeunesse, pourrait notamment s’expliquer en raison de la méconnaissance des réalités autochtones par les intervenants et gestionnaires.

« J’ai remarqué que les intervenants qui n’avaient aucune expérience en contexte du milieu autochtone avaient tendance à appliquer la loi avec les mêmes lunettes, qu’avec les non-autochtones. Que la loi devait s’appliquer de façon uniforme, sans distinction, et qu’ils n’avaient pas à modifier leurs interventions auprès des autochtones », a-t-elle affirmé.

L’ex-travailleuse sociale estime que la Loi sur la protection de la jeunesse ne devrait pas être appliquée sans prendre en considération les particularités culturelles autochtones.

« L’application de la loi devrait dépendre du jugement professionnel de l’intervenant. Or, ce sont les politiques internes, le niveau de tolérance du gestionnaire qui vient baliser la pratique, a-t-elle déploré. Chaque gestionnaire y va de sa propre capacité à gérer le risque et il propose aux intervenants des actions professionnelles qui peuvent souvent défier toute logique en contexte autochtone. Connaître la réalité autochtone viendrait permettre de gérer le risque bien différemment. »

Elle a conclu son témoignage en suggérant que les services de protection de la jeunesse soient davantage administrés par les communautés elles-mêmes.

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