Retour

Commission Viens : victime d'une crise cardiaque, mais retournée à la maison

Une citoyenne de Senneterre a déploré lors de son témoignage à la Commission d'enquête sur les relations entre les autochtones et certains services publics, les mauvais traitements qu'elle aurait reçus au Centre de santé de Senneterre.

Un texte de Thomas Deshaies

En août 2009, Mary-Ann Miamscum se rend au Centre de santé de Senneterre, puisqu'elle éprouve un important malaise. On lui dit alors qu'elle n'a rien et elle est rapidement retournée à la maison, sans que des soins ne lui soient prodigués.

Elle reviendra ensuite régulièrement, pendant près d'une semaine, au centre de santé, puisque son mal ne fait que s'accentuer.

Devant la commission, elle a expliqué qu'elle avait alors l'impression que les membres du personnel ne la croyaient pas. « C'est comme s'ils me disaient "qu'est-ce que vous faites ici, vous n'avez pas vraiment de problème" », a-t-elle déclaré.

Plus tard, l'état de Mme Miamscum se dégradera sévèrement. La directrice du Centre d'entraide et d'amitié autochtone de Senneterre, Rebecca Moore, se rend alors chez elle, à la demande la famille, pour lui venir en aide. Elle téléphone aux services d'urgence, qui dépêcheront une ambulance de Val-d'Or.

L'ambulancière constate alors rapidement qu'il faut hospitaliser Mme Miamscum, puisqu'elle a été victime d'une crise cardiaque. « Heureuse de savoir que l'ambulancière nous a écoutés », a déclaré Rebecca Moore.

Une attitude systématique

Mary-Ann Miamscum a expliqué à la commission avoir d'importants problèmes de santé et devoir régulièrement voir un médecin.

Elle a déclaré que l'attitude négative de certains membres du personnel du centre de santé à son égard serait systématique et que malgré l'épisode de la crise cardiaque, certaines infirmières continueraient à adopter un comportement inapproprié. « Chaque fois que j'allais à l'hôpital, on me disait "ça va", a-t-elle déploré. C'est comme s'ils ne veulent pas croire que j'ai quelque chose. »

Pourtant, elle affirme n'avoir eu aucun problème avec le personnel de la clinique du diabète. « Aucun problème avec eux, ils me traitent comme un être humain et prennent soin de moi », a-t-elle mentionné.

Nouvelle expression des pensionnats?

L'aidante naturelle de Lac-Simon, Jeannette Brazeau, a livré un témoignage poignant pendant plus de deux heures.

Elle a notamment affirmé que le système de la protection de la jeunesse pouvait avoir des répercussions similaires à ceux des pensionnats.

Elle a déploré que l'expertise des aînés et les processus de guérison ne soient pas suffisamment reconnus par les autorités. Elle effectue plusieurs séances de guérison, notamment en forêt.

Il est important pour les membres de la communauté de s'exprimer sur leur vécu. « Si on ne parle pas de ce qu'on a vécu, le cancer embarque, le diabète, crise de cœur, tout est là. C'est très important au niveau mental et c'est ça mon travail aujourd'hui », a-t-elle affirmé.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Trop mignons ces animaux qui font dodo





Rabais de la semaine