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Communautaire et éducation : les dossiers à surveiller en 2016 en Abitibi-Témiscamingue

Le réseau communautaire ainsi que celui de l'éducation en Abitibi-Témiscamingue auront d'énormes défis à relever au cours de l'année 2016. Le financement du communautaire, l'amélioration des conditions de vie des Premières Nations, hausser le niveau de scolarisation des jeunes sont autant de dossiers chauds qui demanderont des efforts concertés afin d'être traités.

Situation critique dans le milieu communautaire

« La situation est critique actuellement dans les organismes communautaires », selon Anne-Julie Asselin, agente à la Concertation régionale des organismes communautaires de l'Abitibi-Témiscamingue.

« Les organismes communautaires, on le sait depuis très longtemps, sont victimes d'un sous-financement chronique, continue-t-elle. Dû à la centralisation dans le réseau de la santé, les coupures dans les services publics, on se retrouve avec de plus en plus de demandes dans les organismes communautaires et, évidemment, on ne peut pas répondre à la demande des cas de plus en plus lourds et de plus en plus complexes. »

Mme Asselin dénonce que cette situation qui, dit-elle, contribue à dénaturer le rôle du milieu communautaire qui ont « de moins en moins de temps pour les activités de prévention, de sensibilisation, de transformation sociale. Les groupes communautaires se retrouvent à faire des choix déchirants. On est contraints à une vision plus utilitariste des services communautaires. »

Scolarisation

Johanne Jean, rectrice de l'UQAT, insiste sur le fait que le milieu de l'éducation aura, pour sa part, à faire face à un grand nombre de défis, à commencer par « toute la question de la scolarisation et là, je fais référence à tous les niveaux, que ce soit au niveau du taux d'obtention d'un diplôme de secondaire 5, au cégep ou à l'université, on est encore en Abitibi-Témiscamingue en bas de la moyenne québécoise. »

L'Abitibi-Témiscamingue a pourtant un urgent besoin de diplômés, dans plusieurs domaines, renchérit la rectrice de l'UQAT.

Premières Nations

Mme Jean voit aussi les conditions de vie des communautés des Premières Nations comme un dossier prioritaire sur lequel travailler en 2016. « À la suite de [la crise qui s'est déroulée à Val-d'Or] cet automne, il va falloir travailler comme société, comme communauté, travailler afin d'améliorer les conditions de vie des premiers peuples », dit-elle. D'ailleurs, la rectrice de l'UQAT sent une mobilisation politique et sociale en ce sens.

« Les Premières Nations sont des gens de notre communauté. Il ne faut jamais oublier ça. On a besoin de tout le monde actuellement. On est une petite région. [...] C'est une richesse dont ne on bénéficie souvent pas parce qu'on regarde plus les côtés négatifs que les côtés positifs », ajoute Lyne St-Amour, ex-directrice du Centre de réhabilitation La Maison et actuelle présidente de Valorisation Abitibi-Témiscamingue.

La solution, la concertation?

Une multitude de dossiers de nature sociale ou concernant les organisations communautaires seront à suivre en 2016. Mme St-Amour identifie notamment le vieillissement de la population, le recrutement et la rétention de citoyens dans la région, le maintien et la création de places en garderie ou encore la disponibilité de logements.

Pour elle, la solution passe par la concertation régionale. « Il ne faut pas se cacher qu'il y a beaucoup d'organismes qui ont disparu. Moins on se parle, plus on est soumis à des directives, je dirais, fixes, avec lesquelles il faut composer, croit-elle. On a beaucoup d'éléments et peu de lieux pour s'en parler. »

Abondant dans le même sens, Johanne Jean de l'UQAT soutient qu'« il va falloir être très créatifs. Il va falloir être audacieux, on n'a pas le choix, pour réussir à trouver des solutions à des problématiques qui sont importantes. Et c'est clair qu'on fait dans un contexte de ressources limitées à la fois pour le réseau communautaire et pour le réseau de l'éducation. »

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