Retour

Compressions au CISSS-AT : la chef du département de pédiatrie « lance un cri d'alarme à la population »

C'est au tour de la chef du département de pédiatrie de Rouyn-Noranda de dénoncer une décision prise par son organisation. Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue (CISSS-AT) a décidé de transférer les services de pédiatrie du 5e au 2e étage de l'hôpital, en plus de fermer deux lits. L'objectif est d'économiser 250 000 $ par année. La chef du département de pédiatrie à Rouyn-Noranda, Louise Perreault, est furieuse contre les dirigeants de son organisation.

Un reportage de Jean-Marc Belzile

« Actuellement, dans notre hôpital, on évalue des chiffres »

Mme Perreault assure n'avoir jamais été consultée par rapport à cette décision. « Ce qu'on a de plus précieux dans la vie c'est notre enfant, quand nous on a choisi notre métier, on a choisi une profession qui demande de l'empathie, de l'écoute et de l'évaluation globale d'une situation médicale de l'enfant. Actuellement, dans notre hôpital, on évalue des chiffres », dénonce-t-elle.

Louise Perreault estime que l'environnement au 2e étage où loge le département d'obstétrique n'est pas adéquat. Selon elle, il y a des risques pour les nouveau-nés. « La population pédiatrique, elle est hospitalisée en général surtout pour des problèmes infectieux, donc on cohabite dans des endroits qui ne sont pas bien confinés qui permettent la propagation d'infection. On avait identifié ça comme étant un problème majeur », affirme-t-elle.

Une décision nécessaire selon le CISSS-AT

Selon le directeur général adjoint du CISSS-AT, Sylvain Plouffe, la décision s'imposait. « Ce qu'on constate, c'est qu'au cours des deux dernières années, on a eu besoin de moins de lits que ce dont on avait besoin avant. Avec sept lits, on est capable de faire face à la situation », estime-t-il.

La chef du département de pédiatrie à Rouyn-Noranda n'est pas d'accord. « Il y a des pointes où on dépasse 10 ou 12 patients en même temps. On va faire quoi avec les patients? On va mettre des lits superposés dans les chambres? », s'insurge-t-elle.

Sylvain Plouffe, assure que les patients auront le même service. « Ce qu'on travaille à faire aussi, c'est de mettre en place des services de proximité qui font en sorte que les gens ont besoin de moins d'hospitalisation pour recevoir les services que ce soit par de la médecine de jour, chirurgie d'un jour puis des cliniques accessibles à la clientèle plus rapidement que dans les années antérieures », propose-t-il.

« Il va falloir que la population se mobilise »

La présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé, Carole Gendron, assure que ce n'est pas un cas isolé et que d'autres départements seront touchés. « On le voit bien qu'on y arrivera pas tout seul, il va falloir que la population se mobilise », croit-elle.

Le CISSS-AT confirme que des postes qui étaient vacants en pédiatrie seront abolis, mais assure qu'il n'y aura pas de pertes d'emplois.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine