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Création d'emploi : quels sont les engagements des candidats électoraux de la région?

À moins de 20 jours du scrutin du 19 octobre, ICI Abitibi-Témiscamingue a décidé de voir ce que proposent les candidats de la région pour créer de l'emploi, au profit des jeunes, des personnes âgées et des Autochtones.

Avec les informations de Boualem Hadjouti

Des intervenants se prononcent sur les problématiques...

Plus de souplesse dans les programmes fédéraux pour les jeunes

La question préoccupe notamment le Carrefour jeunesse emploi du Témiscamingue. Sa directrice, Josée Beaulé, déplore le peu de souplesse des programmes fédéraux d'intégration et d'accompagnement des jeunes. Elle cite, par exemple, le programme Connexion compétences difficilement accessibles. Selon elle, le programme impose des règles strictes qui ne prennent pas en considération la réalité des régions éloignées. « C'est un processus qui se veut long, ce qui fait qu'à un moment donné, il n'y a plus de promoteurs qui ont envie de déposer [des demandes] et ce qu'on a peur, c'est qu'ils les coupent totalement ces programmes-là, parce qu'ils vont dire qu'il n'y a plus de demandes, mais s'ils n'y a pas de demandes, c'est parce que les critères actuels sont peu collés à la réalité terrain et que le processus pour faire une demande et le suivi est très très exigeant », explique-t-elle.

Faciliter le retour au travail des retraités

En région, comme partout ailleurs, plusieurs personnes à la retraite veulent revenir au marché du travail. L'organisme Vision-travail Abitibi-Temiscamingue a pour mission d'aider cette catégorie de gens à réintégrer le marché du travail. La directrice régionale, Monique Beaupré, prévoit d'ailleurs une augmentation des besoins du marché du travail d'une main-d'oeuvre qualifiée. Elle souhaite bonifier le financement du programme « L'initiative ciblée » pour les travailleurs âgés. Selon elle, il est difficile d'obtenir des budgets qui sont, dit-elle, de plus en plus serrés. Son inquiétude principale est de voir le programme réduit.

Créer de l'emploi chez les Premières Nations

L'emploi des Autochtones est une question qu'Edith Cloutier, directrice générale du Centre d'amitié autochtone de Val-d'Or, voudrait voir débattue. Elle espère voir renouveler des ententes de financement entre le fédéral et les Premières nations pour favoriser la participation des Autochtones à l'économie. Mme Cloutier plaide pour l'indexation de ses programmes, dont plusieurs viennent à échéance en 2016. Elle constate qu'il y a très peu d'emplois disponibles dans les communautés, c'est pourquoi elle veut que le gouvernement transfère la gestion des programmes aux Premières Nations.

Edith Cloutier soulève aussi la question de partage des ressources et des revendications territoriales.

Le point de vue des candidats...

Parti libéral

La candidate libérale dans Abitibi-Témiscamingue, Claude Thibault promet qu'un gouvernement libéral va investir 1,13 milliard de dollars en trois ans et créer 40 000 emplois chaque année. Elle veut remettre 40 millions dollars pour aider les entreprises à créer des stages pour les jeunes. Claude Thibault promet d'investir dans le programme Katimavik qui permet aux jeunes de voyager au pays pendant un an et de faire des actions sur le terrain. Elle rappelle que son parti va investir 550 millions de dollars par année dans la formation des Autochtones. Elle promet aussi d'aider les personnes âgées à revenir sur le marché du travail tout en leur permettant une retraite à 65 ans. « Nous voyons également dans ce prochain boom d'ainés une façon d'aller puiser des compétences incroyables, de permettre à ces gens, s'ils veulent retourner dans un autre cadre de pouvoir contribuer à la société, pour nous, ça va être une approche beaucoup plus individuelle tout en respectant ce qu'eux veulent faire dans leur vie », dit-elle.

NPD

Christine Moore, de son côté, propose l'abaissement du taux d'imposition pour les PME de 11 à 9 %. Elle croit que ça va toucher énormément d'entreprises en région et encourager le recrutement. En ce qui concerne les ainés, le NPD affirme qu'il faut s'assurer que le retour au travail ne se fasse pas au détriment de leurs revenus de retraite. Pour la députée sortante, il faut favoriser l'éducation pour permettre aux Autochtones d'intégrer le marché de l'emploi. Elle croit que cette question est étroitement liée aux revendications territoriales. « Lorsqu'on parle des revendications des territoires ancestraux, lorsqu'on a des compagnies au niveau des ressources naturelles [elles] vont recruter, embaucher des autochtones, on va les aider justement à obtenir des emplois. C'est sûr qu'en définissant, en reconnaissant les territoires ancestraux, en définissant qu'est-ce que ça signifie pour une compagnie qui veut travailler sur un territoire ancestral, ça peut aider pour les communautés autochtones », soutient-elle.

Parti vert

La candidate Aline Bégin croit qu'il y a trop d'exclusion des jeunes sans expérience et des personnes âgées du marché du travail. Elle propose de diversifier l'économie et table sur l'éducation pour intégrer les Autochtones dans le marché du travail. Elle veut abolir les réserves parce qu'elles créent, selon elle, l'inéquité et rendent difficiles les efforts d'intégration. Aline Bégin propose d'élaborer un plan national de création d'emplois durables. « Nous, c'est créer un fonds canadien des générations pour une économie durable. On veut élaborer un plan national de création d'emplois durables, entre autres pour les jeunes pour les maintenir ici, on veut effacer la dette des étudiants, on pense que ça pourrait les aider à partir des petites entreprises... il faut rendre les choses plus accessibles pour les gens des régions qui restent dans les petites localités », pense-t-elle.

Parti conservateur

Pour le Parti conservateur, l'économie est la priorité numéro un, explique le candidat dans Abitibi-Baie-James-Nunavik-Eeyou, Steven Hébert. Ce dernier défend le bilan du gouvernement conservateur en matière de création d'emplois et rappelle que plusieurs mesures ont été mises en place pour la formation ou des crédits dans le domaine minier et forestier. « On a pris de nombreuses mesures depuis 2006, on continue d'en prendre et on continuera d'en prendre et on continue d'en proposer pour valoriser le travail. On a annoncé récemment des mesures pour favoriser l'accès au marché du travail pour la population autochtone... On favorise aussi le travail pour les ainés par diverses mesures », a-t-il mentionné.

Bloc québécois

Le candidat du Bloc Québecois dans Abitibi-Témiscamingue, Yvon Moreau, rappelle que son parti a beaucoup fait, par le passé, pour la formation des compétences et aussi les travailleurs âgés notamment la gestion du Programme du soutien du revenu. Il veut offrir des crédits d'impôts aux jeunes en région. « On sait qu'en Abitibi-Témiscamingue, on a connu et on connait une pénurie de main-d'oeuvre, rappelle-t-il. Il y a une bonne façon de contrer la pénurie de main-d'oeuvre : le bloc travaille là-dessus, pour ramener des crédits d'impôt aux jeunes qui reviennent après leurs études à l'extérieur. Le Bloc Québecois demande un crédit d'impôt entre 3000 et 8000 $ pour les jeunes. Ça va aider à relancer le monde du travail auprès des employeurs de l'Abitibi-Témiscamingue. »

Il promet aussi de se battre pour la réforme de l'assurance-emploi. D'ailleurs, son parti propose de diminuer à 360 le nombre d'heures requis pour obtenir un premier chèque et d'augmenter de 5 le nombre de semaines de prestation assurée.

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