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Création du Conseil des collèges : des professeurs craignent la « reconversion de l'éducation en bien de consommation »

La Nouvelle alliance pour la philosophie au collège (NAPAC) qui regroupe certains professeurs de philosophie des cégeps du Québec, s'oppose à la création du Conseil des collèges et aux modifications au Règlement sur le régime des études collégiales. Dans un mémoire déposé mercredi matin en consultation ministérielle, la NAPAC dit craindre que la consultation telle que proposée par la ministre de l'Enseignement supérieur, Hélène David, n'effrite les valeurs qui ont mené à la création des cégeps.

Avec les informations d'Émilie Parent-Bouchard

Hugues Bonenfant, président de de la NAPAC, s'inquiète de ce qu'il nomme la « reconversion de l'éducation en bien de consommation ». « Dans les documents de consultation, les orientations qu'on veut donner au Conseil des collèges sont très, très, très mercantiles, note-t-il. On veut arrimer à tout prix l'école et le marché, le marché de l'emploi et tout, et donc, dénaturer la mission des collèges. En arrimant comme ça l'école au marché, on veut faire ça nécessairement au détriment de l'équilibre entre technique et culture. »

Sylvain Blais, directeur général du Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue, concède que de telles craintes sont exprimées au sein de son institution et qu'elles sont prises au sérieux. Cependant, il fait valoir qu'il n'est pas question d'évacuer les cours de formation générale, comme la littérature ou la philosophie des cursus de formation. Mais il est d'avis que les institutions d'enseignement doivent avoir la capacité d'adapter rapidement leurs programmes de formation aux réalités du marché de l'emploi pour demeurer pertinentes.

Sylvain Blais donne l'exemple de l'industrie minière. « Les fosses à ciel ouvert en Abitibi-Témiscamingue, il y a à peine 10 ans, ce n'était pas quelque chose que l'on voyait ou qui se développait de façon très marquée. Mais aujourd'hui, dans le programme [de technique minérale], il faut donc en tenir davantage compte. On pense que parce que le milieu de l'industrie change rapidement, et que les collèges sont au coeur de cette industrie-là, si on a un peu de marge de manoeuvre, on va donc être en mesure de mieux adapter le programme pour être sûr que l'étudiant au moment où il sortira sur le marché du travail va être en mesure de mieux répondre aux besoins actuels », explique-t-il.

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