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De Noranda à la Norvège, Charlotte Lafond garde l’Abitibi comme bagage pour sa vie à l’étranger

À l'adolescence, Charlotte B. Lafond doit laisser amis et école derrière elle : son père, ayant accepté un emploi à Rouyn-Noranda, en Abitibi, déracine la famille de la banlieue de Montréal pour donner une meilleure qualité de vie à son clan. Une décision qui transformera la Rouynorandienne de coeur, qui vit désormais à Oslo, en Norvège.

Une rencontre d’Angie Landry Charlotte Lafond ne se doutait nullement de ce qui allait définir les références de son adolescence lorsque son paternel a posé sa candidature, en 2002, pour un emploi à quelque 800 kilomètres de la maison familiale à Lavaltrie, dans Lanaudière. Avec le transport interurbain vers Montréal et les embouteillages subis quotidiennement par la mère de Charlotte, les parents déménagent la marmaille de l’autre côté de la Réserve faunique de La Vérendrye pour leur offrir une qualité de vie, « une vraie ».

Selon elle, ce sont les années passées en Abitibi-Témiscamingue qui l’ont notamment formée à quitter de façon plus solide pour les études, d’abord vers Montréal, puis à Oslo, en Norvège, pour un stage.

Dans un premier temps guidée par ce besoin de faire un retour à la ville, Charlotte réalise toutefois lors de son parcours à la maîtrise en muséologie qu’elle chérit l’envie de revenir pratiquer son métier en région. « Sauf que la vie en a décidé autrement! », s’exclame celle qui, sur son chemin, rencontrera Lars, l’homme avec qui elle partage sa vie depuis plus de 5 ans.

Repousser les limites Entre le Canada et la Norvège, c’est le pays d’origine du conjoint qui tranchera le fameux dilemme du choix du lieu de résidence.

« Après un stage à Oslo, il y a des tonnes de raisons qui donnent envie d’habiter en Norvège », explique Charlotte, qui travaille depuis quelque temps au Munch Museum, une institution en pleine effervescence.

Même s’il est possible de se débrouiller à Oslo en parlant anglais d’une manière respectable, il est préférable, affirme Charlotte, de bien s’exprimer en norvégien pour s’offrir un plus grand éventail de possibilités d’emploi. C’est donc après un an et demi d’apprentissage qu’elle se taille finalement une place dans son domaine, un milieu pourtant saturé tant en Europe qu’en Amérique du Nord.

« Mon conjoint a commencé à me parler en norvégien à la maison. C’est vraiment difficile, on se sent impuissant, on n’est pas capables de communiquer, on a l’impression de retourner à un stade d’enfant. Il y a beaucoup de frustrations qui se dégagent, mais aujourd’hui je suis tellement reconnaissante que mon copain m’ait poussée à l’apprendre », se ravit-elle.

L’Abitibi comme outil d’adaptation

Alors les deux pieds dans l’adolescence lors de son arrivée en Abitibi-Témiscamingue, Charlotte Lafond se souvient avoir dû s’adapter de quelconque façon pour amortir le changement qui coagulait tranquillement en elle.

Ce sera surtout le développement d’amitiés marquantes, ce filet social crucial tant à l’adolescence qu’à toute période d’adaptation, qui a aidé Charlotte à faire de l’Abitibi-Témiscamingue le lieu qui fondera les bases de son identité.

La côte Est de la Norvège ramène d’ailleurs en Charlotte une facette de l’Abitibi qui l’anime à garder la région comme un point d’ancrage personnel.

« La Norvège est reconnue pour sa côte ouest, sa nature, son côté maritime, mais il y a un côté très minier et forestier, plus continental. C’est un côté qui pique ma curiosité. Il y a quelque chose qui me parle, qui est cru. Tout ce côté industriel qui est tellement important en Abitibi, ce n’est pas quelque chose que j’avais en moi avant d’y déménager, mais qui m’a réellement suivie en Norvège, un intérêt qui m’accompagne outre-mer », soutient-elle.

Celle dont les parents résident toujours non loin des abords du lac Osisko qualifie la maison à Rouyn-Noranda comme le pilier familial. « À chaque fois que je passe, je dois au moins passer une semaine. C’est un symbole de rassemblement », termine Charlotte Lafond.

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