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Décès d'André Melançon : « l'Abitibi-Témiscamingue perd un grand ambassadeur », selon Jacques Matte

Le cinéaste André Melançon est décédé mardi. Originaire de Rouyn-Noranda, il a marqué toute une génération avec ses films La guerre des tuques et Bach et Bottine, notamment. Il combattait la leucémie depuis plusieurs années. André Melançon s'est éteint à l'âge de 74 ans.

Un « géant sympathique »

Psychoéducateur avant d'être cinéaste, il a exprimé au grand écran son intérêt pour la famille et l'enfance dès les années 70. En tout, André Melançon a réalisé et scénarisé une douzaine de films, dont les derniers sont le documentaire Les trains de la vie, paru en 2013, et La gang des hors-la-loi, en 2014.

Jacques Matte, président du Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue (FCIAT), s'est dit attristé par la nouvelle. Visiblement ému, celui-ci perd un ami personnel, mais aussi un personnage qu'il décrit comme un « géant sympathique ».

« Il était très malade, mais c'est toujours un choc quand on apprend la mort de quelqu'un. C'était, André Melançon, un ami, un ami du Festival [du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue]. C'était quelqu'un d'important. C'était un des ambassadeurs de l'Abitibi-Témiscamingue sur la scène nationale », rappelle M. Matte.

Pour le réalisateur et professeur de cinéma Martin Guérin, « le coeur de son oeuvre, c'est définitivement le travail qu'il a fait avec les enfants, non seulement avec La guerre des tuques, évidemment, qui est son film phare, mais tout ce qu'il a fait avant et après ça relié aux enfants, je pense à des documentaires notamment sur le hockey, sur le sport, dans les années 70. C'est quelqu'un qui a traversé certainement trois décennies, les années 70, 80 et 90. Il a fait un peu de cinéma au cours des années 2000. C'est un réalisateur qui a laissé une empreinte très forte avec un style très humain, très proche des gens. »

De fortes racines à Rouyn-Noranda

Jacques Matte souligne aussi l'important apport de sa région d'origine dans la réalisation de son oeuvre. « Il a toujours dit qu'il a découvert le cinéma à Rouyn-Noranda, avec les salles de cinéma, en visionnant les premiers films de Fellini. C'est quelqu'un qui a grandi à Rouyn-Noranda et il était fier [...] Quand il venait à Rouyn-Noranda, il se promenait dans les rues, il revisitait son enfance. Il avait vraiment cette fierté-là. C'est sûr que tout l'apprentissage culturel qui a fait en sorte qu'il réalise une oeuvre semblable, les racines de tout ça, c'est à Rouyn-Noranda. »

La télévision a effectivement été implantée à Rouyn-Noranda à la fin des années 50 seulement, ce qui a permis à de nombreuses salles de cinéma d'accueillir un large public. André Melançon fait partie de cette génération de Rouynorandiens qui ont grandi avec le cinéma comme passe-temps.

André Melançon est né le 18 février 1942. Bien qu'il ait quitté la région à l'âge de 16 ans, dans une entrevue accordée à Denys Desjardins, de l'Office national du film, pour le projet Une histoire du cinéma - 61 portraits vivants, André Melançon affirmait que c'est bel et bien à Rouyn-Noranda qu'il a eu la piqûre du cinéma.

« J'ai 14 ans, c'est l'été, mon frère après le souper dit : "Je m'en vais au théâtre, au cinéma Noranda", et je vais avec lui. Je ne lui ai même pas demandé quel film. Et c'est en s'en allant qu'il m'a dit : "C'est un film de Fellini". Je n'avais jamais entendu ce mot, le nom de Fellini. Et le film s'appelle La strada. Qu'est-ce que ça veut dire ? La route. Je me suis assis dans la salle avec mon frère. J'ai regardé le film et je suis sorti de là avec Serge et je lui ai dit, on rentrait ensuite à pied à la maison, je lui ai dit : "Moi, plus tard, je vais faire du cinéma" », racontait-il.

André Melançon a remporté le Grand Prix Hydro-Québec du Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue pour La guerre des tuques en 1984 et pour Bach et Bottine en 1986.

En 2013, André Melançon était invité au Festival de cinéma des gens d'ici de Val-d'Or, où un hommage lui a été rendu. Il a reçu l'Ordre national du Québec en 2013 pour sa contribution exceptionnelle au cinéma et le milieu du cinéma lui a rendu un vibrant hommage en 2015.

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