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Défis culturels régionaux en 2016 : restructuration, financement et ère numérique

L'Abitibi-Témiscamingue est une des régions du Québec où la culture se trouve en très bonne posture, que ce soit par la qualité et la diversité des festivals ou par le grand nombre d'artistes qui sont actifs ici. Pourtant, des écueils financiers et structurels guettent le milieu culturel en 2016.

Chercher de nouveaux repères

Madeleine Perron, directrice générale du Conseil de la culture Abitibi-Témiscamingue, constate d'entrée de jeu que la culture est bien vivante en Abitibi-Témiscamingue. « C'est incontestable, dit-elle. Il y a une vitalité culturelle, une effervescence absolument formidable ici, dans la région. On fait l'envie de plusieurs autres régions. »

En 2016, cependant, elle craint que cet erre d'aller ne soit ralenti par la disparition de structures de concertation, particulièrement de la Conférence régionale des élus (CRÉ). Pour la suite, « les MRC qui se ramassent avec beaucoup de pouvoir et ne savent pas encore les façons de faire avec ça », souligne-t-elle.

La disparition de la CRÉ créé d'importants remous dans le milieu culturel.

La Conférence régionale des élus était partenaire du CALQ afin de distribuer l'argent disponible pour subventionner les artistes et projets culturels. Le CALQ cherche maintenant qui sera son prochain interlocuteur. Les MRC sont ciblées.

Ariane Ouellette, artiste professionnelle en arts visuels, confirme que ces changements représentent « quelque chose de majeur au niveau de la réalisation de projets, je pense à des films, à des expositions, c'était du financement qui était réservé à des artistes professionnels de la région. Maintenant, pour avoir ce financement-là, il faut appliquer au CALQ. Les centres d'exposition maintenant vont relever du CALQ, les artistes aussi. Est-ce que leur enveloppe va être ajustée en conséquence? Ce n'est pas certain. »

Inquiétudes quant au financement des festivals

Les différents festivals de la région « se portent quand même assez bien », dit Christine Morasse, directrice générale de la corporation des fêtes pour tout le monde, qui chapeaute notamment le Festival Osisko en lumières.

« L'enjeu présentement pour nous, c'est qu'il y a eu de grands chamboulements au ministère du Tourisme, mentionne-t-elle. On est à revoir l'enveloppe qui va être attribuée aux festivals qui reçoivent de l'argent pour attirer des touristes chez eux. Ça inquiète pas mal tout le monde, pas juste ici, mais dans toutes les régions du Québec parce que cette enveloppe-là ne sera peut-être pas la même dans les prochaines années... »

Les minières sont fortement impliquées dans le financement des festivals de la région. Avec la chute du dollar, Christine Morasse est inquiète. « Tous les festivals au Canada sont à revoir leur programmation d'été parce qu'on ne peut pas vraiment s'offrir des artistes américains présentement, parce que notre dollar est trop faible par rapport à la devise américaine », calcule-t-elle.

Le web change la donne

Madeleine Perron croit que les artistes et organismes devront aussi être à l'affut des nouvelles technologies en 2016. « On voit de plus en plus le web prendre de l'expansion. On peut visiter le Louvres de la maison. Les organismes se retrouvent confrontés avec cette dynamique-là où les organismes se retrouvent en compétition avec leurs voisins, mais le monde entier », indique-t-elle.

« La Mecque de la créativité »

Malgré tout, la directrice générale du Conseil de la culture Abitibi-Témiscamingue demeure optimiste. « Je pense qu'on est la Mecque de la créativité [...] les artistes ont toujours trouvé différentes façons de survivre », souligne-t-elle. Elle semble convaincue que cette qualité continuera d'aider le milieu culturel à se renouveler.

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