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Déneigement à Malartic : le syndicat craint une privatisation des services publics

Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) s'insurge contre l'attribution de contrats de déneigement à un entrepreneur privé pour certaines rues de Malartic et craint une privatisation progressive des services publics.

Un texte de Thomas Deshaies

Lors de la séance du conseil municipal du 28 novembre, les élus de Malartic ont mandaté un entrepreneur privé pour le déneigement de certaines rues et stationnements publics de la municipalité.

Le SCFP, qui représente les cols bleus de Malartic, craint qu'il s'agisse d'un premier pas vers privatisation des services publics. « Plusieurs Villes (au Québec) rapatrient à l'interne les services et la Ville de Malartic va à l'encontre de ce courant, déplore le conseiller syndical au SCFP, Stéphane Lachance. Les Villes rapatrient leurs services pour contrôler leurs coûts et conserver leur expertise. »

Le maire de Malartic, Martin Ferron, justifie cette décision comme une réponse aux plaintes de certains citoyens qui jugeaient que le déneigement ne s'effectuait pas assez rapidement. Il soutient qu'il était beaucoup plus économique de se tourner vers les entreprises privées plutôt que d'embaucher de nouveaux travailleurs à la Ville pour améliorer le service.

L'embauche d'employés supplémentaires pour une plus grande vitesse de déneigement, nécessiterait un investissement de 200 000 $ et l'achat de machinerie supplémentaire, estime M. Ferron. « On donne un contrat de 95 000 $ pour entretenir 8 rues, ce n'est pas la même hauteur », s'exclame-t-il.

Du repos pour les employés?

L'appel à des entrepreneurs privés permettra aux employés municipaux d'être moins surchargés durant la saison hivernale, selon Martin Ferron.

Un argument qui déplait au syndicat, qui affirme que les employés devront de toute manière être à l'ouvrage pour déblayer les autres rues de la Ville. « C'est un argument qui ne tient vraiment pas la route, affirme M. Lachance. De plus, ce seront les cols bleus qui vont devoir ramasser la neige qui aura été poussée au milieu de la rue par les sous-traitants. »

Sécurité d'emploi des travailleurs

« On comprend mal l'opposition du syndicat puisqu'on ne coupe aucun emploi, nous on veut juste améliorer le service aux citoyens, déplore M. Ferron. Le syndicat ne perd aucun employé, il n'y a aucune coupure en surtemps. »

Le maire souligne que la convention collective donne le pouvoir à la municipalité d'embaucher des sous-traitants, à condition qu'il n'y ait aucune perte d'emploi chez les travailleurs de la Ville. « Ils osent venir décrier la convention qu'ils ont pourtant signé », s'insurge le maire.

M. Lachance croit qu'il y a tout de même matière à s'inquiéter. « Le problème c'est qu'ils pourraient tout simplement décider de ne pas remplacer les employés qui partent à la retraite et les remplacer par des sous-traitants », rétorque Stéphane Lachance.

Malartic n'envisage pas pour l'instant d'effectuer d'autres privatisations. « On a pas l'intention d'aller plus loin, pour l'instant, en octroi de contrat », affirme M. Ferron.

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