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Départ de deux pédopsychiatres au CISSS-AT : des impacts importants pour les patients à prévoir

Une voix dissidente se fait entendre au Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue. Le chef du département régional de psychiatrie dénonce une décision de sa propre organisation. Guillaume Barbès-Morin estime que le retrait de la transcription médicale qui a engendré le départ de deux pédopsychiatres à Val-d'Or aura des conséquences importantes pour les patients.

Avec les informations de Jean-Marc Belzile

Le chef du département régional de psychiatrie affirme que le retrait de la transcription médicale dans le domaine de la psychiatrie est envisagé depuis plus d'un an par la direction du CISSS afin d'économiser de l'argent. Il assure avoir avisé son organisation qu'une telle mesure pourrait en inciter certains à quitter. Le CISSS est tout de même allé de l'avant.

« Personnellement, rédiger un rapport de six pages ça me prend environ une heure si je n'ai pas la transcription médicale [alors que] ça me prend environ 12 minutes avec la transcription médicale. C'est donc un manque à gagner de 45 minutes à chaque fois que je vois un nouveau cas alors au bout d'une année c'est énormément de temps », calcule le Dr Barbès-Morin.

Les pédopsychiatres et psychiatres étant très difficiles à recruter, il croit qu'il est important de mettre des mesures en place pour garder ces spécialistes. Il souhaite donc que le CISSS revienne sur sa décision.

« Ce n'est pas un caprice de docteur la transcription médicale, c'est d'augmenter notre capacité à voir plus de patients de façon plus rapide. Je ne suis pas ici pour faire des menaces et dire qu'il va y avoir d'autres départs. Je ne veux absolument pas que ça arrive. Je veux qu'on trouve des solutions pour que ça n'arrive pas parce qu'à mon avis, notre établissement a une responsabilité d'équiper le mieux possible ses médecins pour qu'ils soient le plus efficaces parce qu'on a des listes d'attente, il faut réussir à voir le plus de patients possible, le plus rapidement possible et le mieux possible », affirme le chef du département régional de psychiatrie.

Il dit faire cette sortie publique pour que la situation vécue par les pédopsychiatres ne se répète pas avec d'autres médecins. Il ajoute que l'organisation a l'intention de retirer la transcription médicale dans quelques autres départements de la région.

« On ne rend service à personne »

Cette décision du CISSS de l'Abitibi-Témiscamingue est aussi dénoncée par la Fédération des médecins spécialistes

« Les évaluations psychiatriques, surtout pour les enfants, entre autres, c'est utilisé en cour, c'est utilisé à l'école, c'est utilisé à la DPJ, rappelle la présidente, Dre Diane Francoeur. Pensez-vous que tout ce monde-là veut avoir un gribouillis incompréhensible? »

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue doit réagir mercredi matin.

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