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Dernier tour de piste avec les candidats à la préfecture du Témiscamingue

À quelques jours des élections municipales, Radio-Canada a voulu rencontrer les quatre candidats à la préfecture du Témiscamingue afin de bien cerner leurs priorités et leur vision. Le candidat Gilles Lepage a refusé de nous rencontrer afin de participer à l'exercice. Quatre questions ont été posées. Voici les réponses de Renald Baril, Claire Bolduc et Bernard Flebus.

Un texte de Tanya Neveu

Travailler ensemble

La MRC de Témiscamingue est dispersée sur un grand territoire et comprend 20 municipalités, deux territoires non organisés et quatre communautés algonquines. Au cours des 4 dernières années, les séances de la Table des maires ont souvent défrayées les manchettes en raison des désaccords entre certaines personnes ou concernant divers dossiers. Nous avons voulu savoir comment les candidats comptent travailler avec tous les élus pour le développement de la MRC.

Renald Baril affirme que tous les élus doivent d'abord apprendre à se connaître. « La chicane, je n'ai jamais aimé ça. C'est de s'assoir pis on en jase. On prend des décisions ensemble », illustre-t-il. Il souhaite que la vision de la MRC soit tournée vers le futur et que les dossiers se règlent un à un.

Le Témiscamingue « est une petite collectivité sur un très grand territoire et à toutes les fois que c'est entre nous qu'on se chicane, c'est un peu nous qu'on défait, qu'on déconstruit. Pour moi, recréer la solidarité entre les personnes et entre les communautés que ces personnes-là représentent, c'est essentiel », affirme d'entrée de jeu Claire Bolduc lorsqu'on la questionne à ce sujet. Elle voit le changement qui s'amorce à la Table des maires en raison des élections municipales comme une opportunité d'arriver avec une dynamique nouvelle. « Mon parcours, c'est un parcours de concertation », ajoute-t-elle.

Bernard Flebus compte travailler avec les élus de la Table des maires comme il l'a fait avec les élus de Ville-Marie pendant les 8 dernières années. « Ville-Marie est la municipalité qui a fait le plus d'ententes intermunicipales avec ses voisins et ça n'a pas été très médiatisé. Quand on travaille avec nos voisins sur un très grand territoire, il y a vraiment un défi que tout le monde parle le même langage de données, chiffres, statistiques et fréquentation. Quand on veut faire affaire avec un voisin, il faut être sur le même niveau de discussion », explique-t-il.

Fusions municipales

Au moment de présider sa dernière Table des maires, le 18 octobre dernier, le préfet sortant Arnaud Warolin a émis des recommandations aux prochains élus, dont celle d'étudier fortement la possibilité des regroupements municipaux.Nous avons interpellé les candidats à ce sujet.

Claire Bolduc est originaire de Baie-Comeau. Elle se souvient lorsque Baie-Comeau et Hauterive ont été fusionnées de force en 1982 par décret gouvernemental. « Forcer les fusions, ce n'est vraiment pas une bonne idée. Pour ça, il faut vraiment entendre le bruit de fond, ce que les gens nous diront sur le terrain. Ils doivent avancer dans l'idée. Ce qu'ils expriment, c'est le besoin de rester ancrés dans une collectivité qui leur correspond et qui leur ressemble », explique-t-elle. Ainsi, elle estime que le devoir total d'une MRC est d'accompagner les municipalités qui entament un processus de réflexion.

« Les municipalités sont souveraines. Les gens, les citoyens ont pris la peine d'élire quelqu'un qui les représente. Donc, quand on parle de fusion, je pense que ce serait intéressant qu'il y ait des fusions, mais la MRC n'est pas là pour organiser ou diriger des fusions. La MRC est là pour aider », répond de son côté Bernard Flebus. Le rôle d'une MRC, selon ce dernier, est de favoriser le partage des services entre municipalités pour donner davantage de services à la population.

Renald Baril, lui, ne s'en gêne pas. Il n'est pas d'accord avec les fusions municipales. Il se même dit en désaccord avec le processus actuel de fusion entre les municipalités de Laverlochère et Angliers. Selon lui, cette démarche risque d'amener de la chicane. « Il va y avoir de la chicane. L'autre paye plus de taxes que nous autres, lui ça lui coûte moins cher pour ses poubelles... Qui va entretenir les chemins? La solution, ce n’est pas ça. La solution, c'est de faire des ententes entre municipalités », soutient-il.

Qualité de vie

Les municipalités possèdent plusieurs leviers qui influencent l'environnement physique, social et économique pour améliorer la qualité de vie de leurs citoyens. Un citoyen nous a d'ailleurs fait parvenir la question suivante : « En lien avec le Plan stratégique 2018-2022 qui a comme objectif d'"Améliorer l'offre du Témiscamingue pour ainsi devenir plus compétitif comme territoire", comment utiliserez-vous votre leadership afin d'amener l'équipe de la MRC à soutenir les municipalités afin de les aider dans le développement de la qualité de vie de leurs citoyens qui favorisera l'attraction et la rétention de notre population? »

Pour améliorer la qualité de vie des citoyens, il faut d'abord améliorer la couverture de téléphonie et Internet, croit Bernard Flebus. Établi depuis 28 ans au Témiscamingue, M. Flebus estime qu'il y a une belle qualité de vie dans la MRC. « Regardez de l'autre côté de la médaille. Le verre, il peut être à moitié vide ou à moitié plein. On a des terres agricoles à des prix extrêmement compétitifs, des terres souvent vierges quand vous allez dans l'est. Des terres chimiquement vierges qui n'ont jamais eu d'engrais ou de pesticides. On a des maisons à des prix hyper compétitifs dans l'est du Témiscamingue, dans le nord, à Temiscaming. Faisons un atout de ce qu'on pense être nos faiblesses », suggère-t-il.

Renald Baril soutient que la qualité de vie des citoyens passe par les besoins de ces derniers. Il estime que si les citoyens n'ont pas accès à des soins adéquats en santé, ils quitteront la région. « Un moment donné, la population va se révolter », croit-il.

Claire Bolduc compte utiliser les expertises déjà en place au sein de la MRC pour améliorer la qualité de vie des citoyens et soutenir le travail de chacune des municipalités. Elle propose également un comité d'initiatives citoyennes « qui va regrouper des gens pas nécessairement nommés par la MRC, mais des gens qui vont pouvoir mettre de l'avant des initiatives citoyennes appuyées par la MRC ».

Priorités

S'ils se retrouvaient à la préfecture du Témiscamingue, quel serait le cheval de bataille prioritaire pour chacun des candidats?

S'attaquer à l'économie et l'industrie touristique. Voilà ce que compte faire Renald Baril s'il est élu préfet du Témiscamingue. Selon lui, l'industrie touristique ouvre plusieurs portes. « Les touristes amènent beaucoup d'économie et ça fait vivre beaucoup d'affaires, comme les hôtels, les motels, les restaurants et les stations-service », énumère-t-il.

Le premier geste de Claire Bolduc sera de s'attaquer à la desserte Internet et téléphonie. Elle souhaite s'inspirer d'autres communautés au Québec où des municipalités ont pris en charge la desserte Internet. « Ça se fait, ça se peut, ça s'est fait. Pourquoi on ne s'inspire pas de ça? », questionne-t-elle.

Bernard Flebus, pour sa part, souhaite doter tout le territoire d'une couverture cellulaire et Internet. « On a un Fonds de développement des territoires qui se chiffre à 1 million annuel. Actuellement, 250 000 $ vont à la Société de développement du Témiscamingue annuellement. Prenons de l'argent dans ce Fonds de développement des territoires pour doter tous les Témiscamiens de la même couverture Internet et cellulaire. Je pense qu'un moment donné, il faut passer de l'état de tendre la main pour avoir de l'argent et monter des projets à être proactifs », affirme-t-il.

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