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Des élèves d'un conservatoire parisien prêtent leur voix à une chanson écrite à Lac-Simon

Des élèves du Conservatoire municipal Francis Poulenc, à Rosny-sous-Bois en banlieue de Paris, ont troqué le français pour la langue anishnabe l'instant d'une chanson alors qu'ils ont entonné une pièce composée à Lac-Simon dans le cadre d'un échange culturel entre des petits Parisiens et les élèves de l'école Anishnabe Amikobi de la communauté autochtone située à une trentaine de kilomètres de Val-d'Or.

Avec les informations de Josée Hardy-Paré

Le projet culturel est né à la suite du passage du directeur de l'école Amikobi de Lac-Simon, Luc Létourneau, en Europe à la fin de l'hiver 2015. L'enseignant de français de formation et passionné des questions linguistiques visite alors un ami qui dirige deux chorales en Belgique.

Le projet de créer un partenariat avec les petits chanteurs de son ami avorte, mais le hasard du voyage met deux musiciennes françaises sur la route de Létourneau. Les deux membres du groupe Les Djazelles sont aussi enseignantes de musique. Et elles cherchent à tisser des liens entre leurs élèves du Conservatoire municipal Francis Poulenc et des communautés autochtones. 

« Elles m'ont dit : ''l'année prochaine, on a un projet avec le Conservatoire de musique où on travaille comme enseignantes'', se souvient Luc Létourneau. Ça touche les musiques du monde, ça touche les langues autochtones, etc. Et là de dire que je suis directeur d'une école "Indienne d'Amérique", comme ils disent là-bas, mais autochtone au sens qu'on l'entend ici. Et donc voilà, c'est comme ça que ça a commencé. »

Le défi de la langue

Les paroles de la chanson, qui est articulée autour du thème de l'année scolaire « Ici, nous bâtissons la paix », ont été écrites en langue anishnabe.

« On a une prof qui est une prof anishnabe, une prof algonquine, qui, avec sa famille, a pris le temps de composer un tout petit chant, mais très, très joli, explique Luc Létourneau, faisant valoir le travail de sa collègue Maureen Papatie et de ses parents Jeanette et Pierre Papatie, qui sont aussi les parents de la vice-chef de la communauté, Paméla Papatie. On a envoyé seulement les paroles avec l'enregistrement audio de la prononciation parce qu'évidemment, c'est une prononciation à laquelle on n'est pas habitués. Et là-bas, [ils] ont récupéré le texte, l'enregistrement, et ils ont composé la musique avec leurs élèves du Conservatoire. »

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Au-delà de l'échange culturel entre les enfants des deux continents, le directeur d'école soutient que cette chanson outre-Atlantique a permis de faire un peu de lumière dans le quotidien des enfants, dont les communautés respectives ont été frappées par des événements traumatisants au cours du projet. 

« Lorsqu'on a envoyé le texte pour la première fois, c'était quelques jours après les attentats de Paris, se rappelle Luc Létourneau, convaincu que les petits gestes peuvent mettre un baume sur les blessures. Et nous, au Lac-Simon, quand on a reçu des nouvelles de leur musique, [ce n'était] pas longtemps après le premier drame qui a lieu ici il y a quelques mois, quand un policier a été atteint mortellement par une balle. Donc, disons [qu'on] a eu une espèce d'unité dans le drame qu'on vivait chacun de notre côté. »

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